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L’Arabie saoudite a annoncé samedi qu’elle acceptait d’organiser à Riyad une conférence demandée par le Conseil de commandement présidentiel yéménite, visant à trouver une solution à la crise dans le Sud-Yémen en réunissant toutes les composantes du Sud. Le ministère des Affaires étrangères saoudien a indiqué que l’initiative répondait à une requête formelle du président du Conseil et visait à créer un cadre de dialogue inclusif. Selon Riyad, l’objectif est d’élaborer « un plan global de solutions justes » répondant aux aspirations légitimes des populations du Sud.
Dans son communiqué, la diplomatie saoudienne a invité « toutes les composantes du Sud » à participer activement à la conférence pour éviter l’exclusion et garantir une représentation de la diversité régionale. Le ministère a rappelé que la question méridionale comporte des dimensions historiques et sociales importantes, et qu’elle ne peut être résolue que par le dialogue politique dans le cadre d’une solution nationale globale au Yémen. L’annonce souligne également l’engagement de l’Arabie saoudite à soutenir la sécurité et la stabilité de la république yéménite et à offrir un environnement propice aux négociations.
Contexte de la demande
La demande d’organisation de la conférence a été formulée par Rachad al-Alimi, président du Conseil de commandement présidentiel, qui a appelé à un rassemblement de toutes les forces, personnalités et composantes du Sud sans exception. Il a insisté pour que la réunion traduise la diversité et la pluralité du Sud et empêche toute marginalisation ou répétition des injustices passées. Al-Alimi a souligné que la résolution de la question du Sud ne peut être l’apanage d’un seul acteur ni se limiter à des démarches unilatérales.
Positions des principaux acteurs
- Le président du Conseil a plaidé pour une conférence inclusive, exprimant la volonté d’une solution équitable qui respecte la dignité et les droits des populations des provinces méridionales.
- Le chef du Conseil de transition du Sud, Aidarus al-Zubaidi, a annoncé la mise en place d’une transition de deux ans suivie d’un référendum sur l’indépendance, et appelé la communauté internationale à encadrer un dialogue politique menant à ce scrutin.
- De son côté, Mohammed Ahmed Noman, vice-ministre yéménite des Affaires étrangères, a qualifié l’initiative de Zubaidi de sortie de la légalité et d’annonce unilatérale faite sans consultation avec les parties concernées.
Ces prises de position traduisent un contexte politique tendu où la réussite de la conférence dépendra de la participation effective de tous les acteurs et de la capacité à éviter des actes unilatéraux. La composition des délégations et le calendrier seront des éléments déterminants pour la crédibilité du processus. Riyad se présente pour l’heure comme l’hôte facilitateur, plaidant pour un compromis négocié.
Pourquoi Riyad et quels enjeux ?
Le choix de Riyad s’inscrit dans la continuité des relations étroites entre l’Arabie saoudite et le Yémen, ainsi que dans les efforts saoudiens pour favoriser la stabilité régionale. En offrant un cadre neutre, la capitale saoudienne vise à rassembler des protagonistes souvent divisés sur le terrain et à permettre un dialogue encadré. Les enjeux sont majeurs : apaiser les tensions, garantir les droits des populations du Sud et inscrire la question méridionale dans le cadre d’un règlement politique national global.
Si la conférence aboutit à un accord large et accepté, elle pourrait contribuer à réduire les tensions et à avancer la reconstruction d’un consensus national. À l’inverse, l’absence de certains acteurs ou la persistance d’actions unilatérales risquent d’affaiblir la portée de toute négociation. Dans ce contexte, la communauté régionale et internationale sera attentive à la nature des garanties et des mécanismes de suivi qui seront proposés.