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L’annonce faite par Aidarus al‑Zubaidi, chef du Conseil de transition du Sud-Yémen, de lancer une phase de transition de deux ans suivie d’un référendum sur le sort du Sud a provoqué une vive polémique et de nombreux échanges sur les réseaux sociaux. L’initiative, présentée par ses partisans comme une « transition Sud‑Yémen » organisée, suscite autant d’adhésions que d’inquiétudes, interrogeant la légitimité politique et les conséquences pratiques d’un tel calendrier.
Le contenu de l’annonce
Dans son communiqué politique, al‑Zubaidi a mis en avant ce qu’il a qualifié d' »acquis » obtenus par les populations du Sud dans la gestion et la sécurisation de leurs territoires. Selon lui, ces acquis auraient permis de réduire les menaces sécuritaires, de lutter contre la contrebande et le terrorisme, et de mettre fin à une situation de chaos et d’épuisement des ressources.
Il a présenté la transition proposée comme une « étape responsable » vers la restauration d’un État du Sud, rappelant que la décision s’appuie, selon lui, sur un mandat populaire exprimé lors de rassemblements massifs, ainsi que sur des positions émises par des cadres et des élites locales.
Réactions sur les réseaux sociaux
Immédiatement après l’annonce, des vidéos et des messages ont été largement partagés en ligne, générant des interprétations contrastées. Certains observateurs y voient une manœuvre politique destinée à dépasser des crises internes au Conseil de transition, tandis que d’autres affichent un soutien enthousiaste à l’objectif d’un référendum.
- Les critiques estiment que l’annonce ne répond pas aux défis économiques et aux déficits de services publics dans les zones sous contrôle du Conseil, et la qualifient de simple stratagème pour regagner de la légitimité.
- Une partie des commentateurs qualifie l’initiative de déclaration constitutionnelle non consensuelle, soulignant l’absence de base juridique claire et de large représentation politique.
Arguments des partisans
Du côté des soutiens, l’initiative est présentée comme l’expression d’une volonté populaire accumulée et comme une tentative d’internationaliser la question du Sud pour la placer sur un chemin politique clair. Ils estiment que la période de transition pourrait permettre de réorganiser les institutions, de renforcer la capacité administrative et de mieux gérer les affaires publiques.
Nombre d’appuis insistent également sur l’importance d’un référendum placé sous supervision internationale, qu’ils considèrent comme une garantie de légitimité et un moyen de privilégier des mécanismes pacifiques et démocratiques plutôt que l’imposition par la force.
Enjeux et perspectives
Les opposants avertissent toutefois que la poursuite d’un processus unilatéral risque d’accentuer les divisions internes au Sud et de compromettre les chances d’une solution négociée et durable. En outre, les défis économiques et sociaux restent pressants et exigent des réponses concrètes au-delà des déclarations politiques.
Pour avancer, plusieurs voix appellent à une démarche inclusive impliquant l’ensemble des acteurs locaux et à un encadrement international susceptible de garantir la transparence et la crédibilité de toute consultation future. À court terme, la manière dont le Conseil de transition traduira sur le terrain ses promesses de sécurité et de services déterminera en grande partie l’adhésion ou le rejet de ce projet.