Des manifestations en Iran liées au coût de la vie se poursuivent au septième jour d’un mouvement de contestation. Le guide suprême Ali Khamenei a estimé que les revendications économiques des manifestants étaient « justes », tout en déclarant que « les émeutiers » devaient être « remis à leur place », lors d’un rassemblement devant des fidèles à Téhéran. Le pouvoir affirme dialoguer avec les manifestants mais précise qu’il ne dialoguera pas avec les émeutiers. Le mouvement a démarré dimanche à Téhéran, lorsque des commerçants ont fermé boutique pour protester contre l’hyperinflation et le marasme économique, et il s’est ensuite propagé vers des universités et d’autres villes. Les bilans officiels font état d’au moins huit morts et d’un élargissement du mouvement à environ 25 villes, selon l’AFP et d’autres médias; des vidéos circulent sur les réseaux sociaux, mais leur vérification demeure difficile.

À Téhéran et dans 25 villes, le mouvement s’étend
Le mouvement s’est propagé à des villes de l’ouest et du sud-ouest, avec des rassemblements et des dégradations signalés dans plusieurs localités, selon des bilans officiels citant des médias. Le départ initial du mouvement remonte à dimanche à Téhéran, où des commerçants ont fermé boutique pour protester contre l’hyperinflation et le marasme économique; il a ensuite gagné des universités et d’autres centres, élargissant le spectre des revendications au-delà de l’aspect économique. Mehr a fait état de huit morts au total, dont des membres des forces de sécurité, lors d’affrontements et de rassemblements; l’agence a aussi mentionné le décès d’un membre des forces de sécurité, tué « à l’arme blanche et par balles » dans l’ouest du pays, Ali Azizi, membre du Bassidj, étant décrit comme tombé en martyr dans la ville de Harsin, lors d’un rassemblement d’émeutiers armés.
Devant des fidèles à Téhéran, l’ayatollah Khamenei a réaffirmé que les revendications économiques des manifestants étaient « justes », et a assuré que le pouvoir reconnaît les difficultés et cherche à y remédier. « Nous dialoguons avec les manifestants (…) mais il est inutile de dialoguer avec les émeutiers. Ces derniers doivent être remis à leur place », a-t-il ajouté. Parallèlement, le pouvoir adopte une posture de fermeté face à toute déstabilisation, tout en laissant planer la possibilité d’apaisement dans le cadre de mesures économiques et sociales ciblées. Des vidéos de la mobilisation circulent sur les réseaux sociaux, mais leur authenticité n’est pas vérifiable dans l’ensemble et les autorités restreignent parfois les détails fournis.
Bilan et position du pouvoir face au mouvement
Depuis le début des protestations, les autorités affichent une ligne double: elles reconnaissent des « revendications légitimes » liées au coût de la vie et au marasme économique, tout en affirmant leur fermeté contre les violences et les actes de déstabilisation. Le mouvement, qui a touché environ 25 villes, est principalement concentré dans l’ouest et le sud-ouest, et les violences ont donné lieu à plusieurs morts et à des affrontements sporadiques dans ces zones. Le récit des deux côtés diffère sur l’ampleur et la gravité des événements, mais l’accord porte sur l’existence d’un mécontentement diffus et d’un recours croissant à la contestation dans le cadre du système politique iranien.