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Le président américain Donald Trump a annoncé samedi matin que des forces des États-Unis avaient mené des frappes au Venezuela et capturé le président Nicolás Maduro ainsi que la première dame Cilia Flores, lors d’une opération militaire nocturne qui intervient après des mois de montée des tensions. Selon la Maison-Blanche, un cliché publié par le président montrerait Maduro à bord d’un bâtiment de la marine américaine.
Déroulement des frappes
Des habitants de Caracas ont rapporté au petit matin plusieurs explosions et le passage d’appareils volant à basse altitude, vers 2h00 locale. Parmi les lieux évoqués par des témoins figure Fort Tiuna, le principal complexe militaire de la capitale.
Peu après les explosions, le président vénézuélien a décrété l’état d’urgence tandis que le gouvernement attribuait les attaques aux États-Unis et signalait des frappes touchant Caracas et plusieurs États voisins.
Plusieurs heures après les événements, le président Trump a confirmé l’intervention américaine et a annoncé la tenue d’une conférence de presse depuis sa résidence à Mar‑a‑Lago.
Les annonces de la Maison‑Blanche
Sur une plateforme de réseaux sociaux, Donald Trump a indiqué que les forces américaines avaient « mené une frappe à grande échelle » et que Maduro et son épouse avaient été capturés et évacués hors du pays. Une image diffusée par le président montrerait Maduro vêtu d’un survêtement, les yeux bandés.
Lors d’une conférence tenue à Mar‑a‑Lago, M. Trump a ajouté que les États‑Unis « dirigeraient le pays » provisoirement afin de permettre une transition qu’il a qualifiée de « judicieuse ». Il a également affirmé que l’opération avait été conduite en coordination avec des services d’application de la loi américains, sans préciser lesquels.
La procureure générale américaine a, par ailleurs, annoncé des mises en accusation à l’encontre de M. Maduro pour des chefs incluant « conspiration de narco‑terrorisme » et « conspiration en vue d’importation de cocaïne », et indiqué que des poursuites seraient engagées sur le sol américain.
Zones touchées et bilan initial
Les autorités vénézuéliennes ont fait état de frappes à Caracas ainsi que dans au moins trois États voisins. Le président colombien a pour sa part publié une liste plus détaillée d’installations prétendument visées, mentionnant notamment des bases aériennes, des complexes militaires et des infrastructures présidentielles.
- La Carlota (base aérienne) et d’autres installations autour de Caracas.
- Fuerte Tiuna, le principal complexe militaire de la capitale.
- Le palais présidentiel de Miraflores et le Palais fédéral législatif.
- Des aérodromes et bases militaires dans plusieurs villes, ainsi que des coupures d’électricité affectant des quartiers étendus de la capitale.
Les informations sur le nombre de victimes et l’ampleur matérielle restent fragmentaires et n’ont pas été confirmées de façon indépendante au moment des premières annonces.
Contexte des tensions
Depuis plusieurs mois, l’administration américaine a multiplié les pressions contre le gouvernement vénézuélien, l’accusant entre autres de faciliter le trafic de stupéfiants et de soutenir des organisations criminelles. Les agences de renseignement américaines, toutefois, ont affirmé ne pas disposer de preuves directes liant le président Maduro à certaines des accusations avancées.
À partir de septembre, les États‑Unis ont mené une série d’attaques en mer des Caraïbes contre des embarcations suspectées de transporter des stupéfiants, et ont déployé dans la région l’un des plus importants dispositifs militaires en décennies, centré autour du porte‑avions Gerald R. Ford.
Parallèlement, Washington a saisi des navires transportant du pétrole vénézuélien et multiplié les sanctions visant l’industrie pétrolière du pays, accentuant la pression économique sur Caracas.
Les enjeux pétroliers
Si l’administration américaine a officiellement présenté l’opération comme visant à lutter contre le trafic de drogue, la question des réserves pétrolières vénézuéliennes plane sur la crise. Le Venezuela dispose de réserves de pétrole parmi les plus importantes au monde, un facteur souvent cité dans les calculs géopolitiques autour du pays.
Des responsables proches de l’exécutif américain ont évoqué publiquement la possibilité d’investissements massifs d’entreprises américaines pour remettre en état les infrastructures pétrolières du pays si la donne politique changeait.
Réactions du gouvernement vénézuélien
Le pouvoir à Caracas a dénoncé les attaques, les qualifiant d’agression et d’« acte colonial » menaçant la stabilité de la région. La vice‑présidente a déclaré avoir perdu le contact avec Maduro et la première dame, réclamé des « preuves de vie » et annoncé l’activation des défenses nationales.
Des responsables vénézuéliens ont averti que toute tentative de renversement imposerait une résistance et critiqué la légalité de l’action américaine au regard du droit international.
Réactions régionales et internationales
Les réactions en Amérique latine sont divisées. Plusieurs gouvernements de gauche ont vigoureusement condamné l’intervention comme une violation de la souveraineté nationale, tandis que des dirigeants de droite ont salué la capture et exigé des comptes des responsables du régime chaviste.
Des alliés traditionnels de Caracas, dont la Russie et Cuba, ont dénoncé l’opération. D’autres pays sont restés plus réservés, appelant à la retenue et à une réunion d’urgences d’instances internationales.
Mobilisations à l’intérieur du pays et dans la diaspora
Dans la matinée, les rues de Caracas étaient calmes et parcourues par des patrouilles de sécurité. Plus tard, des partisans du président se sont rassemblés et ont organisé des marches pour protester contre ce qu’ils qualifient d’enlèvement. À leur tête figurait la maire de Caracas, vêtue d’uniforme, dénonçant une « capture illégale ».
À l’inverse, des membres importants de la diaspora vénézuélienne ont célébré l’événement dans plusieurs pays d’Amérique latine et d’Europe, exprimant espoir et soulagement après des années d’exil et de difficultés.
Scénarios politiques et institutionnels
Conformément à la Constitution, la vice‑présidente constitutionnelle est théoriquement la suivante dans l’ordre de succession si le président est effectivement empêché. Parmi les proches du pouvoir figurent également l’intérieur et d’autres responsables militaires et politiques susceptibles de jouer un rôle central.
Mais l’ampleur et la longévité de l’appareil institutionnel bâti depuis l’époque de Hugo Chávez restent incertaines sans la figure centrale de Maduro, estiment des analystes. L’opposition a déjà évoqué des candidatures pour prendre la tête d’une transition, tandis que des experts soulignent que toute déstabilisation majeure entraînera probablement un engagement prolongé des puissances étrangères impliquées.
Les informations continuent d’affluer et de nombreux points essentiels restent à confirmer de manière indépendante. L’évolution de la situation dépendra autant des décisions politiques et militaires à Caracas que des réactions diplomatiques et juridiques internationales dans les heures et jours à venir.