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L’attaque américaine contre le Venezuela et la prétendue capture du président Nicolás Maduro ont déclenché une onde de choc politique à Washington, après des mois de tensions croissantes entre les deux pays. L’opération — présentée par l’administration comme visant à frapper des réseaux de trafic de drogue et à arrêter un dirigeant inculpé aux États-Unis — a suscité des réactions très contrastées au Congrès.
Réactions des élus démocrates
Les parlementaires démocrates ont majoritairement condamné l’action, estimant qu’elle viole le droit international et le processus constitutionnel d’autorisation de l’usage de la force. Plusieurs ont demandé des comptes sur l’absence d’approbation du Congrès et sur les risques pour la sécurité régionale.
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Rashida Tlaib a qualifié le bombardement et « l’enlèvement » du président vénézuélien d’« illégaux et non provoqués », dénonçant des actes de l’« État voyou ». Elle a insisté sur le refus du peuple américain d’entrer dans une nouvelle guerre de changement de régime.
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Andy Kim a accusé des responsables de l’administration d’avoir menti au Congrès sur les objectifs de la campagne contre le Venezuela. Sur les réseaux sociaux, il a affirmé que le président avait ignoré la procédure constitutionnelle requise et que l’attaque ne représentait pas une politique étrangère sensée.
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Betty McCollum, députée en charge des crédits de la défense, a demandé l’arrêt immédiat des frappes, jugeant les actions « manifestement illégales » et rappelant que le Congrès n’avait pas autorisé l’emploi de la force.
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Reuben Gallego a dénoncé une opération illégitime et honteuse, estimant qu’il n’existait aucune raison de se retrouver en guerre avec le Venezuela.
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Jim McGovern a également pointé l’absence de contrôle du Congrès et s’est étonné que des ressources semblent disponibles pour la guerre alors que des besoins domestiques, comme la santé, restent non financés.
Soutiens républicains
À l’inverse, de hauts responsables républicains ont salué l’opération comme une action décisive contre le narcotrafic et le terrorisme. Ils ont mis en avant les inculpations de Maduro dans des tribunaux américains et présenté l’intervention comme une mesure de protection des citoyens et des intérêts américains.
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Tom Cotton a salué une « opération incroyable » et a rappelé que Maduro était accusé de diriger un vaste réseau de trafic de drogue. Il a affirmé que Maduro se trouvait désormais en détention et « ferait face à la justice » pour ses crimes.
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Mike Lee a indiqué que des responsables lui avaient confirmé que l’arrestation visait à permettre à Maduro de comparaître devant la justice américaine. Il a estimé que l’action pouvait relever des pouvoirs présidentiels inscrits à l’article II de la Constitution pour protéger du personnel américain.
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Rick Scott a salué la précision et le professionnalisme de l’opération, affirmant qu’elle envoyait un message fort contre le terrorisme et le narcotrafic, et qu’elle rendait le monde « plus sûr ». Il a rappelé que Maduro avait été inculpé par la justice américaine.
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JD Vance a dit que l’opération montrait que le président « tient ses promesses », ajoutant que des « issues de sortie » avaient été proposées mais que le trafic de drogue et la restitution supposée de pétrole volé devaient cesser.
Questions de légalité et d’impact
Le débat porte désormais sur la légalité de l’opération et ses effets potentiels sur la stabilité régionale. Les démocrates mettent en garde contre un précédent dangereux : autoriser la neutralisation d’un chef d’État sans débat parlementaire pourrait tendre davantage les relations internationales.
Du côté républicain, l’accent est mis sur les accusations criminelles pesant contre Maduro — notamment des chefs liés au narcotrafic — et sur la nécessité, selon eux, d’agir pour protéger des citoyens américains et lutter contre des réseaux transnationaux.
La controverse devrait alimenter de vifs échanges au Congrès et auprès des partenaires internationaux, alors que Washington s’efforce de justifier ses choix au regard du droit international et de la sécurité nationale.