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Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a supervisé des essais de missiles hypersoniques, a rapporté la presse d’État, soulignant la nécessité de renforcer la dissuasion nucléaire du pays face à « la récente crise géopolitique » et à des « événements internationaux compliqués ». Ces essais, présentés comme destinés à vérifier la préparation opérationnelle, interviennent alors que la péninsule vit une nouvelle montée des tensions.
Déroulé des tirs et objectifs affichés
La Korean Central News Agency (KCNA) a confirmé les tirs lundi, précisant que l’exercice du dimanche visait à tester un système d’arme hypersonique, à accroître les compétences opérationnelles des troupes de missiles et à évaluer les capacités du dispositif de dissuasion du pays.
Selon les informations publiques, les projectiles ont atteint des cibles situées à environ 1 000 km au large, à l’est de la Corée du Nord. Le leader a insisté sur la nécessité d’« améliorer en continu les moyens militaires, surtout les systèmes d’armes offensifs » pour préserver une dissuasion forte et fiable.
Analyse technique et réactions d’experts
Des spécialistes sud-coréens ont identifié le missile testé comme étant apparemment un Hwasong-11, déjà présenté lors d’un défilé en octobre. Cette identification repose notamment sur l’analyse d’images diffusées par les médias d’État.
Les autorités nord-coréennes mettent en avant la capacité de lancer de tels engins à tout moment afin de complexifier les systèmes de défense antimissile de Washington et Séoul et d’empêcher leur interception préventive. Néanmoins, nombre d’observateurs étrangers demeurent sceptiques quant aux performances réelles — en particulier la vitesse et la maniabilité — obtenues lors de ces vols d’essai.
Contexte régional et calendrier politique
Les tirs sont survenus quelques heures avant le départ du président sud-coréen Lee Jae Myung pour Pékin, où il devait rencontrer le président chinois. La chronologie a alimenté les spéculations sur un lien entre la démonstration de force de Pyongyang et les évolutions diplomatiques régionales.
Peu avant le lancement, Pyongyang avait dénoncé les frappes américaines contre le Venezuela et l’enlèvement allégué de son président, qualifiant ces actions d’« atteinte grave à la souveraineté ». Le régime nord-coréen a ainsi utilisé les récents événements internationaux pour justifier le renforcement de sa posture militaire.
Perspectives stratégiques
La mise au point d’un missile hypersonique opérationnel offrirait à la Corée du Nord un moyen susceptible de contourner les boucliers antimissiles des États-Unis et de la Corée du Sud. Ces ambitions s’inscrivent dans une série d’essais récents, incluant des missiles de croisière stratégiques à longue portée et de nouveaux systèmes antiaériens.
Par ailleurs, Pyongyang a publié des photographies laissant entrevoir des progrès dans la construction d’un sous-marin à propulsion nucléaire, signe d’une diversification de ses capacités militaires.
Échéances à venir
Les observateurs estiment que la Corée du Nord cherche à afficher ses réalisations en matière d’armement avant le congrès du Parti des travailleurs, le premier en cinq ans. Une attention particulière est portée sur la possibilité que Kim Jong Un définisse à cette occasion une nouvelle approche à l’égard des États-Unis et évoque la relance de pourparlers stagnants.
Enfin, le programme nucléaire nord-coréen devrait figurer à l’ordre du jour des entretiens entre Séoul et Pékin, où le président sud-coréen entend demander à la Chine de jouer « un rôle constructif » en faveur de la paix sur la péninsule.