Le gouvernement multiplie les rencontres avec les parlementaires afin de débloquer le budget 2026 et d’esquisser un compromis pour l’adopter. Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, et Roland Lescure, ministre de l’Économie, prévoient de recevoir l’ensemble des groupes parlementaires dans les prochains jours. À la demande du Premier ministre, ils rencontreront les parlementaires avant la reprise des travaux en commission, à l’exception du Rassemblement national et de La France insoumise, qu’ils accusent de bloquer le processus. L’objectif est de parvenir à un accord et de sécuriser l’exécution budgétaire de l’année prochaine.
La loi spéciale, une solution temporaire
L’objectif est clair : permettre aux parlementaires de trouver rapidement les conditions d’un compromis. L’impasse n’est pas inévitable ; établir un budget en janvier relève d’une responsabilité publique majeure.
Le projet de loi de finances pour 2026, dont l’examen par le Parlement n’a pas pu être achevé avant le 31 décembre, sera examiné à nouveau à l’Assemblée nationale à partir du 8 janvier en commission des finances. Pour assurer le financement provisoire, la loi spéciale reconduit les prélèvements et enveloppes budgétaires dans les conditions de 2025.
Selon la ministre, la loi spéciale constitue un outil de continuité minimale nécessaire au bon fonctionnement des services publics dès les premiers jours de janvier ; elle ne permet pas d’investir ni de lancer de nouvelles politiques.
Elle implique des coûts d’opportunité élevés : des investissements qui ne se réalisent pas, des chefs d’entreprise qui retardent des décisions et des ménages qui consomment moins.
Par ailleurs, par rapport à décembre, le cadre de discussion s’est resserré et de nombreux sujets qui cristallisaient les débats ne peuvent plus être examinés, car le 1er janvier est passé. Sont cités en particulier les réductions de niches fiscales à l’impôt sur le revenu et la reforme de l’abattement de 10 % pour les retraités.