Table of Contents
Néstor Gregorio Viera, chef de la plus importante faction dissidente issue des FARC et connu sous le nom de guerre Iván Mordisco, a lancé un appel à l’unité des groupes armés en Colombie et au-delà, les invitant à dépasser leurs différends face à ce qu’il qualifie d’un accroissement de l’intervention militaire américaine dans la région.
Appel public et mise en garde
Dans un enregistrement vidéo diffusé récemment, Viera apparaît en tenue camouflée, flanqué de deux combattants armés, et avertit que « le spectre d’une intervention militaire plane sur tout le monde, sans exception ». Selon lui, la situation exige que les factions mettent provisoirement de côté leurs conflits internes pour faire face à cette menace.
Il a ainsi demandé aux autres dissidents de rompre avec la division afin de former une « grande bloc rebelle » capable de résister à ce qu’il décrit comme les « ennemis majeurs du pays ». Par ailleurs, il a appelé à la convocation d’une réunion d’urgence des chefs rebelles de Colombie et d’Amérique latine pour étudier la « menace américaine commune » et organiser une riposte coordonnée.
Les destinataires de l’appel
Viera a directement interpellé plusieurs organisations nées de l’éclatement des FARC. Il a notamment cité l’Armée de libération nationale (ELN) ainsi qu’un groupe connu sous le nom de Marquetalia II, ainsi qu’une instance de coordination de la guerre de guérilla affiliée à des structures du mouvement bolivarien.
Selon ses propos, ces formations « ne sont pas des forces disséminées, mais les héritières d’une même cause », plaidant ainsi pour une coalition structurée face à ce qu’il qualifie d’agression impérialiste.
Exclusion d’un important groupe dissident
Le message de Viera n’a toutefois pas visé toutes les factions dissidentes. Il n’a pas inclus l’État‑major central, la deuxième plus grande structure dissidente issue des FARC, qui s’est formellement séparée du mouvement en 2024 à la suite de désaccords internes.
Cette omission souligne les divisions persistantes au sein des dissidents FARC et la complexité d’un éventuel regroupement malgré les appels à l’unité.
Contexte diplomatique et militaire
Ces déclarations interviennent alors que le président américain a annoncé récemment une prochaine visite du président colombien à Washington. L’annonce fait suite à des menaces publiques évoquant la possibilité de mesures militaires à l’encontre de la Colombie, accusée par Washington — selon ces déclarations — de tolérer le flux continu de cocaïne à destination des États‑Unis.
De surcroît, les tensions se sont intensifiées après l’imposition de sanctions à l’encontre du président colombien l’automne précédent, mesure qui a contribué à durcir les échanges entre les deux pays. Dans ce climat, l’appel de Viera s’inscrit dans une rhétorique alarmiste visant à fédérer des forces dissidentes autour d’une cause commune.
Enjeux régionaux
Plus largement, cet épisode met en lumière la fragilité de la situation sécuritaire et politique en Amérique latine, marquée par la recrudescence des affrontements armés, les trafics illicites et des pressions internationales croissantes.
Dans ce contexte mouvant, la proposition d’une coordination entre dissidents FARC et autres groupes armés pose la question de son impact sur la stabilité régionale et des réponses que pourraient apporter les États concernés.