Des travaux de dépollution des calanques de Marseille se poursuivent sur le littoral sud, où 2 500 tonnes de gravats pollués aux métaux lourds doivent être évacuées d’ici la fin mars. Cette opération, lancée en septembre, vise à nettoyer des dépôts hérités d’un siècle d’exploitation et à sécuriser les voies, les plages et les eaux, afin de préserver un site qui accueille chaque année des millions de visiteurs. Les paysages à couper le souffle de ces calanques restent marqués par la pollution, malgré leur attractivité touristique qui attire près de trois millions de visiteurs annuels. Les autorités veulent accélérer le rythme pour éviter une prolongation des travaux et réduire les risques sanitaires pour les riverains et les usagers du littoral.

La première phase, devant s’achever le 31 mars 2026, prévoit l’aspiration et l’évacuation des terres contaminées vers un site de stockage de déchets dangereux dans le Gard. La seconde phase est programmée entre septembre 2026 et mars 2027 et couvrira l’ensemble de la zone entre Saména et la Calanque Blanche, avec des objectifs similaires de dépollution et de sécurisation. La campagne implique plusieurs équipes et des mesures de sécurité renforcées pour limiter l’exposition et les nuisances. Enfin, l’État a demandé aux ouvriers de démarrer les journées à 6h pour gagner du temps sur le calendrier.

En décembre, une enquête auprès des riverains a mis en lumière des inquiétudes. Selon Nathalie Anton, présidente du comité d’intérêt de quartier, la maîtrise d’ouvrage respecte les règles et assure une signalisation claire des flux de camions et des voies autour de Saména; elle rappelle que l’objectif est de respecter les délais que l’État s’est lui-même fixés dans une opération qualifiée de course contre la montre.
L’État a confié les travaux à l’Agence de la transition écologique (Ademe), missionnée pour sécuriser 20 dépôts de scories sur les 77 recensés dans les calanques, et a demandé aux ouvriers de commencer dès 6h, contre 7h30 auparavant, afin d’accélérer le rythme.
Des associations environnementales (ASLS, FARE Sud et UCL) réclament, pendant toute la durée du chantier, une veille sanitaire conduite par Santé publique France ou l’Agence régionale de santé afin de détecter d’éventuels impacts des métaux lourds sur les habitants. Cette demande est en cours d’examen par la préfecture, selon le président de Santé littoral sud, Roland Dadéna.