Les enquêteurs spécialisés de l’Office de lutte contre le trafic illicite de migrants et les Douanes ont démantelé un important réseau de fabrication de documents contrefaits opéré via une messagerie cryptée. Leur activité visait principalement des documents administratifs tels que cartes d’identité, permis de conduire et cartes grises, ainsi que des chèques contrefaits. À la tête du réseau, un homme connu sous le pseudonyme Zhen Pong semblait coordonner l’ensemble des opérations. Selon les interlocuteurs proches de l’enquête, les clients contactaient les auteurs sur Telegram et réglaient leurs commandes en cryptomonnaie.

Quatre suspects âgés entre 25 et 30 ans ont été interpellés mardi matin au terme d’une enquête longue et minutieuse. Trois d’entre eux sont placés en garde à vue prolongée et la quatrième personne, épouse de l’un des suspects, a été remise en liberté. Lors des perquisitions, les forces ont saisi une panoplie d’outils et de documents destinés à la contrefaçon, ainsi que des supports vierges. En garde à vue, les suspects auraient reconnu les faits et livré des détails sur le mode opératoire utilisé.
Par ailleurs, les douanes de Roissy ont intercepté un colis contenant 300 films de sécurité contrefaits destinés à la fabrication de cartes d’identité françaises. Malgré l’usage de Telegram, les enquêteurs ont pu révéler les pratiques d’un réseau criminel ambitieux et organisé. Selon les autorités, il s’agissait d’une structure structurée de fraude documentaire, d’escroquerie et de blanchiment de cryptomonnaie. L’organisation était gérée “comme une entreprise” : la relation client se faisait sur Telegram, la fabrication se déroulait dans un lieu discret, et les commandes suivaient un courrier qui attestait de l’expédition jusqu’à la livraison. Les paiements s’effectuaient également en cryptomonnaie, ce qui alimente les soupçons de blanchiment.
Avant le réseau Zhen Pong, un autre faussaire du net a été jugé en septembre 2024 à Pontoise pour des faits remontant à 2018. À la tête de ce dossier, un homme nommé Chong, âgé de 28 ans, proposait de faux papiers sur le Darknet et supervisait leur fabrication dans son garage au Thillay (Val-d’Oise), ainsi que dans les Hauts-de-Seine et en Seine-Saint-Denis. Autodidacte, il se formait grâce à des tutoriels et se faisait livrer des produits en provenance de Chine. Les paiements s’effectuaient en cryptomonnaie, puis les commandes étaient expédiées par La Poste. Il a été condamné à trois ans de prison, dont un avec sursis, et à une amende de 50 000 €.