Accueil ActualitéPrisonniers politiques au Venezuela : 14 mois d’enfer racontés par deux Italiens

Prisonniers politiques au Venezuela : 14 mois d’enfer racontés par deux Italiens

par Lea
France

Deux prisonniers politiques italiens, Alberto Trentini et Mario Burlò, font partie des 116 détenus libérés par le Venezuela. Le régime montre des signes d’ouverture sous la pression des États-Unis, après les événements entourant Nicolás Maduro. À leur arrivée à l’aéroport de Campino, ils ont retrouvé leurs proches et salué la Première ministre Giorgia Meloni. Leurs confidences, recueillies par des médias italiens, décrivent un récit glaçant des conditions carcérales du pays.

Mario Burlò à l’aéroport de Campino
Mario Burlò à l’aéroport de Campino après sa libération

Le récit des détenus

Trentini, qui œuvrait pour une ONG au Venezuela, n’a pas pris la parole publiquement, selon ses avocats évoquant 423 jours interminables de souffrance. Burlò, entrepreneur turinois, a raconté que l’expérience était « pire qu’Alcatraz ». Il affirme avoir passé 14 mois à dormir par terre, entouré de cafards. Tous deux expliquent avoir été arrêtés sans explication en novembre 2024 et n’ont été libérés que récemment.

À El Rodeo I et dans les conditions quotidiennes

Ils ont été détenus à la prison d’El Rodeo I, à environ 45 kilomètres de Caracas. Aucun délit officiel n’a été retenu contre eux et le consul italien ne les a rencontrés que six mois plus tard. Burlò affirme ne pas avoir subi de tortures physiques, mais surtout psychologiques; Trentini, atteint de diabète et d’hypertension, a réussi à se procurer ses médicaments quotidiennement.

Des conditions quotidiennes inhumaines

Le cinquantenaire a réussi à se procurer ses médicaments quotidiennement en prison. Entassés dans des cellules minuscules, les prisonniers étaient réveillés tous les matins à 5h30 pour l’appel, cinq jours par semaine. Le reste du temps, ils vivaient avec leurs propres déjections, dans une odeur nauséabonde. Il fallait choisir entre supporter l’odeur toute la journée ou boire l’eau potable pour évacuer les déchets. Il déclare avoir dit aux gardiens que même les chiens ont des besoins quotidiens, et qu’ils étaient traités comme moins que des chiens. Seule la nourriture était « suffisante », avec des galettes de riz et un café. Il affirme avoir perdu environ 30 kilos, mais ce qui compte le plus est de retrouver ses proches et de pouvoir les serrer dans ses bras.

Polémiques en Italie et poursuites judiciaires

Le cas de Mario Burlò a déclenché des polémiques en Italie. Il faisait l’objet d’enquêtes pour association de malfaiteurs et avait été porté disparu pendant plusieurs mois, les tribunaux italiens doutant de sa détention au Venezuela, notifiée par ses avocats. L’homme de 52 ans est toujours en attente d’un procès pour faillite, pour lequel le procureur réclame environ trois ans et demi de prison. Burlò décrit son séjour comme un « club de vacances » comparé à ce qu’il a vécu, selon ses propres mots.

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