Accueil ActualitéPollution alarmante du lac d’Annecy : la menace des pneus de voiture

Pollution alarmante du lac d’Annecy : la menace des pneus de voiture

par Lea
France

Réputé comme le plus pur d’Europe, le lac d’Annecy est désormais au cœur d’une controverse sanitaire liée à l’usure des pneus. Une étude réalisée pour un documentaire de France 5 révèle une contamination par des particules issues du frottement routier qui entoure le site. Les résultats indiquent des niveaux de microplastiques et de molécules toxiques similaires à ceux observés dans Canton, en Chine. Si le lac conserve ses eaux limpides et sa réputation, des tests menés auprès de résidents montrent une présence notable du composé chimique utilisé dans les pneus qui nuit à la fertilité et au développement du fœtus.

Étudier le projet d’un tramway

Anne Lassman-Trappier, présidente de France Nature Environnement Haute-Savoie, affirme : « Il faut tirer la sonnette d’alarme ». Elle précise que cette pollution affecte l’eau, l’air et les êtres vivants. Parmi les habitants testés, plus d’un tiers présentent des traces de DPG. L’association compare ce phénomène à un scandale sanitaire proche des PFAS, et rappelle qu’un pneu libère environ 4 kg de matière au cours de sa vie. Le dégât est plus marqué pour les SUV, et, avec 25 000 véhicules naviguant chaque jour sur les 40 km qui bordent le lac, les estimations dépassent les 400 tonnes de particules dispersées.

Réactions des habitants et mesures proposées

Un jeune Annécien, Antoine, âgé de 26 ans, confie être surpris. « On vient ici pour la qualité de vie et la nature; les étés permettent de se baigner sans inquiétude », dit-il, ajoutant que cela fait réfléchir. Une habitante de Saint-Jorioz, Anna, rappelle de son côté que la circulation estivale est telle qu’elle paraît saturer le site. Pour elle, le problème n’est pas surprenant, mais sa récurrence mérite une réponse adaptée.

Réponses et état des lieux des autorités

Selon Anne Lassman-Trappier, la meilleure solution passe par une réduction du transport individuel au profit des transports publics, dont l’offre est jugée insuffisante. Elle insiste sur la nécessité d’un changement de mobilité pour limiter les émissions. Cette transition nécessite des alternatives efficaces et accessibles pour les habitants et les visiteurs. Sans cela, le phénomène risque de s’aggraver avec les flux estivaux.

Mesures et réactions locales

Les responsables locaux ont réagi rapidement. Fabienne Grébert, élue à Annecy et conseillère régionale écologiste, appelle à stopper rapidement le ruissellement des eaux de chaussée dans le lac et à étudier le projet d’un tramway. Le Syndicat mixte du lac confirme étudier ces pistes et souligne que le lac demeure en bonne santé globale, avec des études scientifiques plus rigoureuses en cours à l’INRAE de Thonon-les-Bains pour préciser l’étendue de la pollution. À l’échelle municipale, le Grand Annecy rappelle que les mesures à la source respectent les normes actuelles.

Impact sur la chaîne alimentaire et contexte mondial

Florent Capretti, l’un des derniers pêcheurs professionnels du lac, rappelle son expérience: il n’a jamais vu de poissons morts ni de lésions majeures et les quantités de féras restent bonnes. FNE Haute-Savoie insiste sur les conséquences potentielles des microplastiques sur les salmonidés comme l’omble et sur l’ensemble de la chaîne alimentaire, dont l’homme est le dernier maillon. Cette étude rappelle que les défis environnementaux autour des zones urbaines qui entourent les lacs ne se limitent pas à Annecy mais concernent d’autres agglomérations où circulent des véhicules.

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