Le verdict prononcé jeudi par le tribunal correctionnel de Marseille place l’affaire Apollonia au cœur de l’actualité judiciaire. Jean et Viviane Badache, considérés comme les concepteurs et bénéficiaires de l’escroquerie, ont été condamnés à sept ans de prison ferme avec mandat de dépôt différé et exécution provisoire. L’amende s’élève à 2 500 000 € pour chacun et 20 000 000 € de confiscation de biens. Le procès, qui a duré plusieurs années et impliqué quatorze personnes et la société Apollonia, a surtout mis en lumière un montage où les crédits immobiliers auraient été « empiler » des crédits sur les clients, démarchés par des commerciaux de la société de conseil en patrimoine aixoise, qui a encaissé 115 000 000 € de commissions entre 2004 et 2009. Basée à Aix-en-Provence, Apollonia était présentée comme une solution clé en main pour défiscaliser un patrimoine, mais les juges ont estimé que le dispositif a lourdement déséquilibré des centaines de familles.

À Marseille, sept ans de prison ferme pour le couple Badache dans l’affaire Apollonia
Selon les dépêches et synthèses des médias, Jean Badache, 71 ans, et son épouse Viviane, 69 ans, ont été condamnés à sept ans de prison ferme avec mandat de dépôt et exécution provisoire. L’amende s’élève à 2 500 000 € chacun et la confiscation de biens porte sur un total de 20 000 000 €. Le fils du couple, Benjamin Heysen Badache, écope d’un an de prison ferme sous bracelet électronique et de trois ans de sursis. Quatorze personnes et la société Apollonia ont été jugées dans ce dossier, dont des commerciaux, des notaires et un avocat, avec des peines variant entre trois et cinq ans et des amendes variées. Le procès, qui s’est déroulé du 31 mars au 6 juin 2025, a mis en exergue le rôle central du couple dans le montage et la désignation des témoins.
Le tribunal a retenu le principe d’un « empiler » des crédits immobiliers sur les clients, démarchés par des commerciaux de la société aixoise, qui aurait encaissé 115 000 000 € de commissions entre 2004 et 2009. Les clients, principalement des médecins et des professions libérales, auraient été invités à signer des liasses de documents vierges et à déléguer l’ensemble des démarches à Apollonia, avec l’objectif affiché d’autofinancer les acquisitions via le statut de loueur en meublé professionnel, qualifié de « pigeons » par certains témoins. Des notaires et un avocat ont également été décrits comme des acteurs clés du montage, apportant une apparence de respectabilité au montage et pesant sur le recours eventual d’indemnisation.
Quatorze personnes jugées et des victimes nombreuses, dédommagement en perspective
Selon Franceinfo, 762 parties civiles ont été enregistrées et le préjudice est estimé à environ 1,2 milliard d’euros, avec des victimes majoritairement issues de professions médicales et libérales. Les chiffres varient selon les sources, mais l’important est le fait que le procès a dévoilé une machine à crédit qui a laissé de nombreuses familles surendettées et sans ressources. Le fils du couple et d’autres accrédités ont été jugés et des peines ont été prononcées pour les commerciaux et les professionnels présents au dossier, certains sous mandat de dépôt différé et d’autres avec sursis ou obligations. L’audience a également mis en avant les échanges entre les notaires et l’avocat, décrits comme des rouages clés du montage et de l’apparence de sécurité pour les acquéreurs.
Au-delà des condamnations, l’affaire ouvre la voie à des procédures de dédommagement pour les victimes et à des enquêtes sur les mécanismes de défiscalisation qui avaient été brandis comme des garanties de patrimoine. Le récit des témoins et des pièces présentées à la barre montre un système d’endettement massif, allant de quelques centaines de milliers à plusieurs millions d’euros, appuyé par des banques partenaires, selon les éléments du procès. Les juges ont veillé à rappeler le cadre légal et les limites des dispositifs de défiscalisation, afin d’éviter que de tels montages ne se reproduisent.