Emmanuel Macron a prononcé ses vœux aux armées ce 15 janvier 2026 depuis la base aérienne d’Istres, saluant une année marquée par des engagements opérationnels et une Europe de la défense renforcée. Il a annoncé que le budget de la défense serait porté à 64 milliards d’euros par an à partir de 2027, et que l’actualisation de la loi de programmation militaire pour 2026‑2030 ajouterait 36 milliards d’euros, dont 3,5 milliards dès 2026. « Pour rester libre, il faut être craint. Pour être craint, il faut être puissant », a‑t‑il déclaré, et il a présenté trois priorités pour les armées afin d’augmenter les stocks, la préparation et la rapidité des déploiements. Il a aussi admis que « nous sommes en retard » sur les drones et a appelé à accélérer la capacité des armées à se déployer, notamment en misant sur une production européenne plus rapide et plus lourde. Le président a souligné que la dimension européenne de la défense reste centrale et a répété que « la France l’a constamment plaidé » pour une coopération plus étroite entre États membres.

Budget et réarmement: cap sur 64 milliards et 36 milliards supplémentaires
Sur le plan budgétaire, le président a détaillé une trajectoire qui vise à porter le budget de la défense à 64 milliards d’euros par an dès 2027, après une augmentation annoncée dans le cadre d’une actualisation de la loi de programmation militaire (LPM) pour 2026‑2030. « Pour être puissant dans ce monde si brutal, il faut faire plus vite et faire plus fort », a‑t‑il insisté, appelant à des efforts supplémentaires afin de préserver la crédibilité opérationnelle et de faire face à un éventuel engagement majeur dans les années à venir. Il a indiqué que l’effort, d’un montant total de 36 milliards d’euros, comprend notamment 3,5 milliards d’euros dès 2026.
Il a aussi évoqué le besoin d’accélérer la production industrielle de défense et d’améliorer les capacités de feu dans la grande profondeur, tout en assurant une meilleure préparation des forces et le renforcement des stocks de munitions. « Nous n’avons pas attendu » pour lancer le réarmement, et l’Europe doit jouer un rôle clé, a‑t‑il ajouté, en appelant les partenaires européens à acheter et produire européen.
Il a aussi souligné que la dimension européenne de la défense reste centrale et a répété que « la France l’a constamment plaidé » pour une coopération plus étroite entre États membres.
Groenland, Ukraine et coopération européenne: une posture renforcée
Sur le Groenland, Macron a rappelé que « les Européens ont une responsabilité particulière, car ce territoire appartient à l’Union européenne. » Une première équipe de militaires est déjà sur place et sera renforcée dans les prochains jours par des moyens terrestres, aériens et maritimes, selon ses propos. Cette présence s’inscrit dans une logique de dissuasion et de protection des intérêts européens, tout en évitant l’escalade, a‑t‑il précisé.
Concernant l’Ukraine et le renseignement, le chef de l’État a affirmé que « les deux tiers des capacités de renseignement nécessaires dans son conflit face à la Russie » étaient fournis par la France, et que « les 34 pays de la Coalition des volontaires financent 100 % des moyens accordés à Kiev ». La France se dit prête à soutenir ses alliés et à accompagner une coalition d’États qui, selon lui, demeure engagée dans un équilibre précaire face à l’action militaire russe.
Le président a aussi évoqué le volet stratégique, dénonçant « un nouveau colonialisme » selon certains observateurs et rappelant que « la dissuasion nucléaire » demeure la « clé de voûte » de l’arsenal français. Il a conclu en appelant les Européens à intensifier leur coopération et en annonçant la poursuite du déploiement du service national avec les premiers appelés prévus en septembre prochain pour renforcer les rangs et la résilience de la Nation. « Pour rester libre, il faut être craint ; pour être craint, il faut être puissant », a‑t‑il répété, soulignant la nécessité de « faire plus vite et faire plus fort ».
