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Jour 1 422 de la guerre Russie-Ukraine : vendredi 16 janvier a été marqué par de nouvelles frappes, des coupures d’électricité massives et des mouvements d’évacuation dans les zones les plus exposées, tandis que la scène internationale a multiplié déclarations et promesses de soutien. Les autorités rapportent des morts et des blessés tant côté ukrainien que côté russe, alors que la vague de froid accentue les conséquences humanitaires.
Les combats et frappes
- Une attaque de drone a entraîné la mort de deux employés d’une pharmacie d’État qui transportaient des médicaments vers Polohy, dans une zone occupée de la région de Zaporizhia.
- Une frappe de drone sur la région russe de Belgorod a fait au moins trois blessés, selon les autorités locales.
- Un engin guidé lancé par les forces russes a touché Bilopillia, dans la région de Sumy, causant la mort d’une personne et faisant au moins quatre blessés, d’après le parquet régional.
- Des restrictions de réseau et des coupures d’électricité ont été constatées après des attaques nocturnes, touchant notamment les régions de Zhytomyr et Kharkiv.
État des infrastructures énergétiques
À Kharkiv, le maire a signalé la destruction d’une importante installation qualifiée d’« infrastructure énergétique critique », sans préciser la nature exacte de l’équipement frappé.
Comme conséquence directe des attaques, de nouvelles coupures affectent des clients en diverses régions, et des restrictions de réseau restent en place à Kyiv, dans sa région et dans l’Odesa. Le froid intense aggrave la situation : des températures nocturnes atteignant -17 °C compliquent l’approvisionnement en chauffage.
Dans la capitale, 287 immeubles résidentiels demeurent sans chauffage plus d’une semaine après une importante attaque qui a endommagé les infrastructures, selon les autorités municipales.
Population et évacuations
Les conséquences humaines se poursuivent : une attaque a privé près de 87 000 personnes d’électricité dans la zone de Zaporizhia occupée, selon un responsable local nommé par l’administration russe.
Les autorités ukrainiennes indiquent que plus de 500 personnes devront être évacuées de deux districts de la région de Zaporizhia d’ici début février. Depuis le début janvier, plus de 700 personnes ont déjà été relogées, dont 480 enfants.
Politique et réactions internationales
Dans son allocution nocturne, le président ukrainien a réaffirmé que l’Ukraine « n’a jamais été et ne sera jamais un obstacle à la paix », en réponse implicite aux déclarations récentes d’hommes politiques étrangers. Il a ajouté que c’était la Russie, et non l’Ukraine, qui devait subir des pressions lorsque les frappes visent à briser le système énergétique et à frapper la population.
Aux États-Unis, des propos d’un ancien président ayant estimé que Vladimir Poutine serait « prêt à conclure un accord » ont relancé les débats sur la volonté respective des parties d’engager des négociations.
Sur le plan financier et diplomatique, la directrice générale du Fonds monétaire international a indiqué attendre de soumettre au conseil d’administration une demande d’approbation d’un nouveau programme de prêt de 8,1 milliards de dollars pour l’Ukraine dans les semaines à venir.
Par ailleurs, des échanges entre dirigeants ont porté sur la situation énergétique : le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a évoqué avec le président ukrainien la détérioration des infrastructures due aux attaques, et l’importance de maintenir le soutien international nécessaire pour la défense et la perspective d’une paix durable. Le président français a de son côté déclaré que la France fournit désormais une part majeure des renseignements destinés à l’Ukraine, remplaçant en grande partie les services qui assuraient jusqu’ici cette mission.
Pétrole, gaz et impact économique
La menace pesant sur la navigation commerciale en mer Noire s’est intensifiée après plusieurs incidents impliquant des navires-citernes, poussant certaines autorités maritimes à recommander des mesures de sécurité accrues pour les bâtiments naviguant dans la zone.
Sur le plan macroéconomique, les recettes budgétaires russes issues du pétrole et du gaz ont chuté de 24 % en 2025, atteignant leur plus bas niveau depuis 2020. Cette baisse s’explique par la baisse des prix du pétrole, conjuguée à une appréciation du rouble.
La guerre Russie-Ukraine entre dans une nouvelle journée sous le signe de la fragilisation des infrastructures civiles et de la pression diplomatique internationale, alors que les populations des régions touchées font face à des conditions hivernales difficiles et à des perturbations prolongées des services essentiels.