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Gaza : les trois entités de gestion, rôles et inquiétudes

par Sara
Palestine, États-Unis, Israël, Égypte

Les regards se tournent vers les nouvelles dispositions administratives et politiques destinées à gérer la phase transitoire dans la bande de Gaza, après l’annonce américaine du lancement de la « phase deux » de l’accord de cessez‑le‑feu, entré en vigueur le 10 octobre 2025. Ces arrangements s’appuient sur un plan en vingt points présenté par l’administration américaine et repris par le Conseil de sécurité par la résolution 2803 du 17 novembre 2025. Toutefois, persiste un fort degré d’incertitude quant à la capacité des entités chargées de la gestion à mener à bien leurs missions dans un contexte humanitaire et sécuritaire déjà très dégradé.

Le Conseil de la Paix : rôle central et portée juridique

Le Conseil de la Paix est présenté comme l’instance administrative transitionnelle la plus importante, dotée d’une personnalité juridique internationale et chargée de superviser la gestion générale de Gaza durant la transition. Sa mission consiste à définir le cadre de la reconstruction, à coordonner le financement international et à veiller au respect des normes du droit international.

Le Conseil est également mandaté pour piloter la gouvernance transitoire et encadrer la mise en place d’entités opérationnelles disposant elles aussi d’une personnalité juridique internationale afin de faciliter les transactions nécessaires à l’exécution de leurs tâches. Son action doit, selon le texte adopté, se poursuivre jusqu’à la fin 2027 ou jusqu’à ce que l’Autorité palestinienne soit en mesure de reprendre un contrôle « sûr et effectif » du territoire.

À ce stade, la composition exacte des États participants et les mécanismes opérationnels du Conseil restent flous, malgré l’annonce de la mise en place de l’organe et la nomination d’un président ainsi que d’un directeur général représentant sur le terrain.

Le comité des technocrates palestiniens : gestion quotidienne et services

Le comité des technocrates doit constituer l’exécutif civil à l’intérieur de Gaza. Conçu comme une instance non politique, il est destiné à assurer la conduite des services publics quotidiens et la gestion administrative du territoire.

La formation annoncée comprend quinze spécialistes palestiniens couvrant les secteurs clés : santé, éducation, économie, finances, agriculture, eau, affaires sociales, ainsi que les volets liés à la sécurité et à la police. À sa tête figure Ali Shaath, ancien vice‑ministre du Plan palestinien.

Selon les déclarations officielles, le comité a démarré ses travaux préparatoires depuis une capitale régionale avant d’envisager son déploiement à Gaza. Néanmoins, il n’a pas encore commencé à exercer sur le terrain, et des interrogations subsistent quant à sa marge de manœuvre réelle et au degré de coopération des acteurs locaux.

  • Secteurs couverts : santé, éducation, économie, finances, agriculture, eau, affaires sociales, sécurité.
  • Objectif : relancer les services civils et lancer des mesures d’urgence pour l’aide humanitaire.

La force internationale de stabilisation : mandat et limites

La troisième composante est une force internationale temporaire chargée du volet sécuritaire. Autorisée par le Conseil de sécurité, elle est appelée à être déployée sous commandement unifié pour contribuer à la stabilisation du territoire.

Cette force est censée opérer en coordination avec la police palestinienne déjà formée et s’inscrire dans une double mission : sécuriser les zones frontalières et favoriser un environnement plus stable à l’intérieur de Gaza, tout en soutenant le respect du cessez‑le‑feu et l’ouverture des voies humanitaires.

Ses prérogatives comprennent notamment l’appui aux opérations de désarmement permanent et la démolition ou l’empêchement de la reconstitution d’infrastructures militaires. Les opérations doivent s’exercer sous direction stratégique du Conseil de la Paix et être financées par les contributions des bailleurs.

À ce jour, la liste des États prêts à contribuer à cette force n’a pas été publiée officiellement, et des médias ont seulement évoqué l’intérêt éventuel de plusieurs pays sans confirmation formelle.

Inquiétudes et points de friction

Les observateurs soulignent que l’ensemble du dispositif reste entouré d’ambiguïtés : composition des organes, États participants, modalités d’exécution et articulation politique entre les entités sont autant de zones d’ombre. Cette incertitude nourrit des craintes sur l’efficacité réelle de la démarche face à l’ampleur de la crise humanitaire.

Plusieurs analystes rappellent que des démarches comparables dans d’autres contextes ont parfois achoppé, faute d’un mandat clair ou d’un soutien local suffisant, ce qui laisse planer le risque d’un échec à contenir ou réduire la souffrance des populations.

Du côté des forces politiques palestiniennes, on observe une ouverture relative au nouveau schéma, perçu par certains comme une voie pour sortir de la phase active du conflit. Cependant, la mise en œuvre concrète dépendra largement des garanties apportées sur le terrain et de la capacité des acteurs internationaux à honorer leurs engagements.

  • Manque de clarté sur la composition et les prérogatives effectives des trois entités.
  • Risques d’inefficacité face à une crise humanitaire profonde et persistante.
  • Incertaines contributions étrangères à la force de stabilisation et aux financements.

Parallèlement, les données du terrain montrent que des violations du cessez‑le‑feu ont perduré durant la première phase, avec plusieurs centaines d’incidents recensés et, selon les bilans disponibles, environ 1 760 Palestiniens tués, blessés ou arrêtés depuis l’entrée en vigueur de la trêve. De plus, l’ouverture effective des points de passage et l’acheminement des volumes d’aide convenus sont demeurés problématiques pendant la période initiale.

source:https://www.aljazeera.net/news/2026/1/16/%d8%a5%d8%af%d8%a7%d8%b1%d8%a9-%d8%ba%d8%b2%d8%a9

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