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La commission nationale chargée de la gestion du secteur de Gaza a officiellement entamé ses travaux au Caire, a annoncé vendredi son président Ali Chaath. Constituée pour coordonner l’aide d’urgence et préparer la phase de reconstruction, elle doit prochainement rejoindre Gaza pour lancer la mise en œuvre d’un plan humanitaire.
Gestion et reconstruction
Ali Chaath a précisé que la commission, composée de quinze personnalités palestiniennes professionnelles et dites modérées, s’appuie sur un plan égyptien approuvé par la Ligue arabe et l’Organisation de la coopération islamique. L’objectif proclamé est de reconstruire sans provoquer de déplacement massif des populations.
Selon la feuille de route adoptée en mars 2025, la reconstruction est chiffrée à 53 milliards de dollars sur cinq ans. Toutefois, d’autres estimations internationales ont porté ce montant sensiblement plus haut, en lien avec l’ampleur des destructions accumulées depuis le déclenchement du conflit.
Par ailleurs, la commission bénéficiera d’un encadrement politique et opérationnel: un «conseil de paix» l’a placée sous sa tutelle et un représentant sur le terrain doit coordonner l’action internationale, notamment pour le financement, la facilitation des flux d’aide et la préparation d’une force de stabilité internationale jusqu’au retour complet des autorités palestiniennes.
Mises au point et réactions internationales
Aux États-Unis, le président a exprimé son soutien à la nouvelle gouvernance technocratique destinée à gérer Gaza pendant la période de transition. Ce soutien public s’inscrit dans un cadre diplomatique élargi visant à mobiliser les financements et l’appui politique nécessaires.
Sur le terrain diplomatique, la mise en place de la commission suit des accords et des discussions entre divers acteurs internationaux et régionaux qui ont formalisé une seconde phase d’accords précédemment négociés au Caire.
Bilan humain et violations signalées
Sur le plan humanitaire, le ministère de la Santé à Gaza a rapporté vendredi l’arrivée de 14 personnes décédées et 18 blessées dans les hôpitaux au cours des dernières 24 heures. Depuis le cessez‑le‑feu intervenu le 11 octobre dernier, les autorités locales font état de 463 morts et 1 269 blessés.
Les chiffres cumulatifs depuis le début de l’offensive en octobre 2023 restent dramatiques: plus de 71 000 personnes tuées et environ 171 000 blessées, selon les comptages fournis par les autorités sanitaires locales, chiffres qui incluent des victimes récemment exhumées des décombres.
Parallèlement, des responsables de mouvements palestiniens dénoncent la poursuite de frappes ciblant des zones résidentielles et accusent l’armée adverse de violer le cessez‑le‑feu. De son côté, l’armée affirme que ses interventions répondent à des violations graves du cessez‑le‑feu dans certaines zones frontalières.
Avertissements de l’ONU et défis de la reconstruction
Les agences onusiennes mettent en garde sur l’ampleur matérielle des dégâts: quelque 60 millions de tonnes de débris sont estimées dans la bande de Gaza, un volume dont le traitement pourrait demander plus de sept ans. Ces contraintes logistiques compliquent la relance rapide des opérations de reconstruction.
Le directeur exécutif du bureau onusien de soutien aux projets a averti que la reconstruction «ne peut plus être différée», qualifiant la situation humanitaire d’«inhumaine» en raison, notamment, de l’absence de traitement des eaux usées, des pénuries d’électricité et de la présence de populations dans des bâtiments partiellement détruits et instables.
Enfin, l’ONU, l’Union européenne et la Banque mondiale ont estimé les besoins à plus de 52 milliards de dollars, tandis que d’autres évaluations internationales font état d’un coût encore plus élevé pour réparer les infrastructures civiles massivement endommagées.
Ces initiatives politiques et techniques visent à contenir les effets de deux années de conflit, marquées selon les bilans par un lourd tribut humain et la destruction d’une grande part des infrastructures civiles. La commission de gestion à Gaza entre désormais dans une phase opérationnelle cruciale pour transformer les annonces en actions sur le terrain.