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Donald Trump a estimé qu’il était « temps de chercher une nouvelle direction » pour l’Iran, accusant la classe dirigeante de privilégier la répression à la bonne gestion du pays. Ses déclarations, adressées au magazine Politico, interviennent au plus fort d’un bras de fer verbal entre Washington et Téhéran, sur fond de manifestations massives et d’accusations réciproques de déstabilisation.
Les propos de Trump et l’avertissement américain
Dans son entretien, l’ancien président américain a qualifié l’Iran de « pire endroit au monde pour vivre », pointant du doigt ce qu’il considère comme une gouvernance fondée sur la violence et la coercition. Il a appelé les responsables iraniens à se concentrer sur l’administration du pays plutôt que sur la « mise à mort de milliers de personnes » pour conserver le pouvoir.
Entre-temps, le département d’État a indiqué, sur son compte en farsi, avoir reçu des informations selon lesquelles l’Iran préparerait des options visant des bases américaines. Le message rappelait que « toutes les options restent sur la table » et avertissait que toute attaque contre des intérêts américains serait confrontée à une réponse « très forte ».
Réplique de Téhéran et accusation contre Washington et Israël
Le guide suprême, Ali Khamenei, a riposté en accusant les États-Unis et Israël de soutenir des actes de sabotage et des assassinats en Iran. Il a affirmé que des « documents et preuves » démontraient l’implication étrangère dans les violences, et a imputé aux « fauteurs de troubles » la mort de milliers de personnes.
Khamenei a en outre dénoncé une implication personnelle de Donald Trump dans les récents événements, qualifiant le président américain de « criminel » et appelant les autorités à « briser le dos » de ceux qu’il considère comme les instigateurs des troubles.
Réactions à la Maison-Blanche et posture israélienne
La porte-parole de la Maison-Blanche a déclaré au journal Wall Street Journal que personne ne pouvait anticiper la décision finale du président Trump concernant l’Iran, soulignant que les options restaient ouvertes et que le chef de l’État privilégierait ce qu’il juge être dans l’intérêt des États-Unis et du monde.
Par ailleurs, la chaîne israélienne Channel 12 a rapporté que l’armée israélienne maintenait un niveau élevé de préparation, par crainte d’une éventuelle action américaine contre l’Iran. Cette posture traduit la nervosité régionale face à une possible escalade militaire ou à des opérations concertées.
Répression annoncée à Téhéran
À l’intérieur du pays, le procureur général de Téhéran, Ali Salahi, a averti que le système judiciaire traiterait avec célérité et fermeté les dossiers liés aux récentes manifestations. Il a également rejeté les appels de Trump visant, selon lui, à empêcher certaines exécutions, en estimant ces propos « sans fondement ».
Les autorités affirment avoir renvoyé de nombreux cas devant les tribunaux et avoir dressé des actes d’accusation contre des personnes jugées responsables des violences. Les médias officiels évoquent l’arrestation de présumés « leaders » après des opérations de renseignement qualifiées de complexes.
Bilan des manifestations et mesures prises
Selon l’agence d’informations d’une ONG de défense des droits humains basée aux États-Unis, les vérifications indiqueraient la mort de 3 090 personnes, dont 2 885 manifestants, et plus de 22 000 arrestations. Ces chiffres, contestés par les autorités, reflètent néanmoins l’ampleur d’une crise sociale et politique majeure.
Les manifestations ont débuté le 28 décembre par une grève des commerçants du bazar de Téhéran, motivée par la détérioration des conditions de vie, avant de s’étendre et de revêtir un caractère plus politique début janvier. Après une violente campagne de répression et des coupures répétées d’Internet, l’élan des mobilisations s’est amoindri.
Retour progressif à la normale selon Téhéran
Face à la décrue des manifestations, les autorités ont annoncé la réouverture des écoles à Téhéran et dans plusieurs villes, fermées depuis le 10 janvier, ainsi que la tenue d’examens universitaires reportés à partir du 24 janvier. Le gouvernement assure que l’ordre est rétabli et met en avant la détention de milliers de personnes qu’il qualifie de saboteurs soutenus depuis l’étranger.
Toutefois, la situation reste tendue : entre les menaces verbales entre Washington et Téhéran, la vigilance d’Israël et les promesses de poursuites rapides à l’intérieur du pays, le risque d’une nouvelle escalade politique et sécuritaire demeure élevé.