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Le président Donald Trump a suspendu, selon le Washington Post, la décision d’ordonner une frappe militaire contre l’Iran après avoir reçu des informations indiquant que Téhéran aurait annulé l’exécution prévue de plus de 800 personnes. Ce revirement a pris de court une partie de son cercle sécuritaire et provoqué une vive réaction chez des opposants iraniens et des alliés régionaux.
Une attaque qui paraissait imminente
Jusqu’à la matinée de mercredi dernier, de nombreux dirigeants du Moyen-Orient et responsables américains s’attendaient à ce que le président ordonne des frappes aériennes contre l’Iran. La conviction reposait en partie sur les déclarations publiques de M. Trump la veille, dans lesquelles il avait assuré les manifestants iraniens que « l’aide était en route » et les avait encouragés à prendre le contrôle des institutions du régime.
Par conséquent, les principaux conseillers à la sécurité nationale se préparaient à l’approbation imminente d’un plan militaire et à une soirée de travail prolongée. Sur le terrain, le Pentagone a annoncé l’arrivée dans le Golfe d’un destroyer équipé de missiles guidés, tandis que des alliés ont été informés d’un scénario de frappe possible et que navires et avions restaient en état d’alerte.
La tournant décisif
La donne a changé mercredi lorsque, d’après un responsable américain cité par le Washington Post, l’envoyé Steve Witkof a informé la Maison Blanche qu’il avait reçu des éléments faisant état de l’annulation des exécutions planifiées par les autorités iraniennes. Suite à cette information, le président a déclaré aux journalistes : « Nous allons surveiller la situation et attendre. »
Les services de renseignement américains ont ensuite indiqué qu’aucune exécution n’avait eu lieu, selon la même source. Ce basculement rapide a semblé refléter des pressions internes et externes intenses et a surpris plusieurs conseillers.
Pressions, contraintes et hésitations
Plusieurs responsables interrogés ont expliqué que M. Trump a été confronté à l’imprévisibilité des conséquences d’une action susceptible de déstabiliser davantage la région et aux limites de la puissance militaire américaine sur place. Des responsables du Pentagone ont exprimé des inquiétudes quant à une présence américaine jugée insuffisante pour contrer une éventuelle réplique iranienne.
Israël, selon des sources citées, a partagé ces préoccupations après avoir largement consommé ses missiles intercepteurs lors d’un conflit de douze jours en juin. Parallèlement, des alliés majeurs de Washington dans la région — dont l’Arabie saoudite, le Qatar et l’Égypte — ont pressé l’administration américaine de privilégier la diplomatie et la retenue.
Divisions au sein de l’administration
Au sein de l’équipe présidentielle, les avis étaient partagés. Certains conseillers, dont le sénateur J.D. Vance, ont plaidé en faveur d’une option militaire, tandis que d’autres, à l’instar de l’envoyé cité plus tôt, recommandaient la prudence pour éviter une nouvelle escalade.
La porte-parole de la Maison Blanche, Caroline Leavitt, a affirmé qu’« on ne sait pas » quelle décision finale prendrait le président et a rappelé que M. Trump maintenait ses options ouvertes, affirmant qu’il agirait selon ce qui servirait les intérêts des États-Unis et du monde.
Un sursis mais pas l’abandon définitif
Vendredi matin, avant de se rendre à son club de Mar-a-Lago, le président a indiqué qu’il n’y aurait pas de frappes imminentes, justifiant sa position par les développements récents en Iran. Toutefois, des responsables ont estimé que des frappes pourraient encore être envisagées dans les deux à trois semaines à venir, une fois les renforts américains déployés et positionnés dans la région.
Pour l’instant, l’option militaire paraît suspendue mais non écartée, alors que la Maison Blanche navigue entre pressions politiques, contraintes militaires et craintes d’une escalade aux conséquences économiques et sécuritaires considérables pour le Moyen-Orient et les forces américaines présentes sur place.