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Le président des États-Unis, Donald Trump, semble vouloir élargir l’ambition initiale de son « conseil de paix » pour qu’il dépasse le seul dossier de Gaza. Lancé comme instrument lié à une seconde phase d’une trêve visant à gérer la reconstruction et la gouvernance de l’enclave, ce mécanisme donnerait désormais des orientations pour résoudre des conflits à l’échelle mondiale.
Des lettres adressées à des chefs d’État invités, publiées sur les réseaux sociaux par les présidents argentin Javier Milei et paraguayen Santiago Peña, ont révélé des objectifs plus vastes. Ces courriers étaient accompagnés d’une « charte » qui définit un mandat élargi visant, selon le texte, à promouvoir la stabilité, rétablir une gouvernance fiable et assurer une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits.
Un mandat qui dépasse Gaza
Dans sa lettre à Javier Milei, M. Trump indique que le « conseil de paix » aura pour mission de « consolider la paix au Moyen-Orient » tout en s’engageant « dans une nouvelle approche audacieuse pour résoudre les conflits mondiaux ». La charte insiste sur la nécessité d’un pragmatisme et de solutions concrètes, et appelle à s’éloigner de certaines méthodes et institutions jugées inefficaces.
Cependant, certains diplomates ont critiqué l’initiative en estimant qu’elle pourrait ignorer les principes de la Charte des Nations unies. Un responsable américain a pour sa part qualifié l’extension du rôle du conseil d’« aspiration » plutôt que d’une structure pleinement opérationnelle, rappelant que l’intention n’est pas de remplacer l’ONU.
Composition et rôle initial
Officiellement, l’administration Trump affirme que le dispositif se concentrera d’abord sur Gaza. La première annonce a présenté un comité exécutif incluant des personnalités politiques et financières de premier plan.
- Tony Blair (ancien Premier ministre britannique)
- Jared Kushner (gendre de Donald Trump)
- Marco Rubio (secrétaire d’État annoncé)
- Steve Witkoff (envoyé spécial pour le Moyen-Orient)
- Marc Rowan (CEO d’Apollo Global Management)
- Ajay Banga (président du Groupe de la Banque mondiale)
- Robert Gabriel (adjoint du conseiller à la sécurité nationale des États-Unis)
Ce comité exécutif est lié à un « executive board » pour Gaza qui superviserait un comité technocratique palestinien—nommé National Committee for the Administration of Gaza (NCAG)—chargé de la gouvernance quotidienne en lieu et place du Hamas.
Invitations internationales et mécontentements
Au-delà des premières personnalités citées, des dirigeants comme Recep Tayyip Erdogan et Abdel Fattah el-Sisi ont confirmé avoir reçu une invitation, de même que la présidente de la Commission européenne, selon des déclarations rapportées. Plusieurs autres pays — dont la France, l’Allemagne, l’Australie et le Canada — auraient également été approchés.
Ces choix ont suscité une vive polémique. Beaucoup au Moyen-Orient dénoncent l’absence de représentants palestiniens parmi les dirigeants nommés et s’indignent que des personnalités perçues comme des soutiens inconditionnels d’Israël occupent des postes clés. Le Premier ministre israélien a fait part de son opposition, estimant que la composition du conseil n’avait pas été coordonnée avec son gouvernement.
Parallèlement, certains diplomates ont qualifié le projet de « Nations unies de Trump », critiquant son éventuelle mise à l’écart des mécanismes multilatéraux existants.
Financement et adhésion
Une controverse financière est également apparue : des médias ont rapporté que l’administration demanderait une contribution d’un milliard de dollars pour adhérer au conseil en tant que membre permanent. La Maison-Blanche a répliqué en qualifiant ces informations de trompeuses tout en précisant qu’une option de « membre permanent » impliquerait un engagement financier substantiel de la part de pays fortement impliqués.
Les responsables américains insistent sur le caractère volontaire et partenarial du dispositif, mais les modalités exactes de gouvernance et de financement restent floues alors que Washington promet d’annoncer d’autres membres dans les semaines à venir.
Toutefois, entre ambitions mondiales et critiques diplomatiques, le « conseil de paix de Trump » demeure un projet en devenir, susceptible d’alimenter de nombreux débats sur la légitimité, la représentation et le rôle des nouvelles instances internationales dans la gestion des conflits.