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Le président du Conseil européen, António Costa, a annoncé dimanche la convocation prochaine d’un sommet extraordinaire des dirigeants de l’Union européenne pour coordonner la riposte aux menaces de Washington d’imposer des droits de douane en lien avec la question du Groenland.
Sur les réseaux sociaux, Costa a indiqué que, compte tenu de l’évolution rapide de la situation, il jugeait nécessaire de réunir les chefs d’État et de gouvernement dans les jours à venir, une réunion que des responsables européens envisagent de tenir jeudi à Bruxelles.
Réactions et options de l’Union européenne
Des diplomates européens ont précisé que les ambassadeurs des États membres se sont accordés dimanche pour intensifier leurs efforts afin de dissuader l’administration américaine d’appliquer des tarifs à partir du 1er février.
Parmi les mesures envisagées figurent la réactivation d’un paquet de droits de douane portant sur 93 milliards d’euros d’importations américaines, précédemment suspendu pour six mois au début du mois d’août, ainsi que diverses actions prévues par l’outil européen de lutte contre le chantage économique, qui pourraient aussi viser des investissements américains.
Messages des institutions et États membres
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a affirmé dimanche que l’Union européenne — ainsi que le Royaume‑Uni — défendront la souveraineté du Groenland et du royaume du Danemark. Elle a indiqué avoir échangé sur le dossier avec plusieurs leaders européens et avec le secrétaire général de l’OTAN via des publications sur les réseaux sociaux.
Le ministre allemand des Affaires étrangères a souligné que si Washington envisage sérieusement d’imposer des droits de douane, une réponse européenne s’impose. Il a rappelé que la souveraineté du Danemark et du Groenland est incontestable et que ces autorités seules décideront de l’avenir du territoire.
Pressions et débats transatlantiques
Du côté américain, le secrétaire au Trésor Scott Bessent a affirmé que la « faiblesse » européenne rendrait, selon lui, nécessaire un contrôle américain du Groenland pour garantir la stabilité mondiale. Il a qualifié la possession de l’île de facteur important dans une « partie d’échecs géopolitique » face à la Russie et à la Chine.
Ces déclarations interviennent après l’annonce du président américain de menaces de taxes supplémentaires contre des pays européens qui s’opposeraient à une éventuelle acquisition américaine du territoire groenlandais, notamment le Danemark.
Réactions du Royaume‑Uni et unité des États européens
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a contacté dimanche le président américain et d’autres dirigeants après des consultations avec les autorités danoises, européennes et de l’OTAN. Il a jugé qu’imposer des droits de douane à des alliés à propos d’enjeux liés à la sécurité collective de l’OTAN serait une erreur.
Parallèlement, les huit pays européens explicitement menacés ont réaffirmé leur unité. À Bruxelles, une réunion d’urgence des ambassadeurs des 27 a été engagée dimanche soir pour échanger sur les réponses possibles, même si elle n’était pas attendue produire des décisions immédiates.
Démarches diplomatiques autour du Groenland
Enfin, le ministre danois des Affaires étrangères a entamé une tournée diplomatique en Norvège, au Royaume‑Uni et en Suède — pays alliés membres de l’OTAN — afin de renforcer la coopération sur la sécurité de la région arctique et d’assurer le rôle de l’Alliance dans la protection des intérêts nordiques.
Les prochains jours devraient permettre de préciser le calendrier du sommet européen et les éventuelles ripostes coordonnées face aux pressions annoncées depuis Washington.