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Syrie : reconstruction lente et risquée du secteur pétrolier

par Sara
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La prise de contrôle par Damas de plusieurs gisements pétroliers et gaziers, dont al‑Omar et le complexe gazier Conoco, a ravivé l’espoir d’une relance du secteur pétrolier syrien après des années de conflit et de sanctions. L’annonce officielle intervient après l’accord de cessez‑le‑feu qui a entraîné le retrait progressif des Forces démocratiques syriennes (SDF) de vastes zones du nord‑est.

Retour sous contrôle des champs

Les forces gouvernementales ont déclaré avoir récupéré des installations clés dans les gouvernorats de Deir Az Zor, Raqqa et Hasakah. Ce transfert marque un tournant politique et économique, mais il ne garantit pas une remise immédiate en production des gisements.

En effet, la restauration de l’exploitation demande une évaluation technique approfondie et une coordination logistique importante, alors même que certains équipements ont été endommagés ou pillés au fil des ans.

Ressources estimées et bilan des pertes

La Syrie posséderait environ 2,5 milliards de barils de pétrole et 8,5 trillions de pieds cubes de gaz naturel. Avant la guerre, la production nationale couvrait largement les besoins intérieurs et représentait une part notable des recettes de l’État.

Avant 2011, la production quotidienne atteignait environ 380 000 barils de pétrole et 25 millions de mètres cubes de gaz, contribuant à 20–25 % des revenus publics. Mais la production a chuté drastiquement pendant le conflit, descendant à quelques dizaines de milliers de barils par jour à certaines périodes.

Obstacles techniques à la remise en service

Des experts soulignent que la traduction du contrôle territorial en reprise de la production sera lente et techniquement complexe. Des extractions non régulées ont fragilisé les réservoirs, et de nombreux pipelines et unités de traitement nécessitent une réhabilitation profonde.

Par ailleurs, la remise en état du réseau gazier est souvent moins coûteuse et peut permettre un redémarrage plus rapide pour la production d’électricité, ce qui en fait une priorité possible à court terme.

Perspectives d’investissements étrangers

La levée de la plupart des sanctions par les États‑Unis, l’Union européenne et le Royaume‑Uni après la chute du régime en décembre 2024 a rouvert la porte à des investisseurs étrangers. Les compagnies étrangères jouaient un rôle central dans la production avant le conflit.

Avant la guerre, des coentreprises comprenant la compagnie pétrolière nationale et des groupes internationaux assuraient une part significative de la production. Depuis la reprise des contacts, des memoranda d’entente et accords préliminaires ont été annoncés avec plusieurs acteurs internationaux et régionaux.

Entre opportunités et réticences

Les autorités cherchent à attirer des capitaux et des compétences, mais les entreprises majeures pourraient rester prudentes en raison des risques sécuritaires et de l’incertitude réglementaire. Certaines sociétés plus petites et “aventurières” pourraient toutefois s’engager plus rapidement sur des projets de réhabilitation.

Des observateurs estiment que Damas pourrait lancer des appels d’offres pour des travaux d’infrastructure spécifiques et favoriser la participation d’entreprises régionales, notamment égyptiennes ou du Golfe, pour la remise en état des installations à l’est.

Un redémarrage long et conditionnel

Au final, le redressement du secteur pétrolier syrien dépendra autant de la sécurisation des zones productrices que de la disponibilité des investissements, de la reprise des marchés d’exportation et d’un cadre réglementaire clair. Les hydrocarbures peuvent aider la relance économique, mais ils ne suffiront pas à eux seuls.

Dans l’état actuel des lieux, la remise en capacité de production antérieure à 2011 pourrait prendre plusieurs années, même dans des conditions favorables, et restera soumise aux évolutions politiques et sécuritaires dans la région.

source:https://www.aljazeera.com/economy/2026/1/20/syrias-war-ravaged-oil-sector-faces-tough-road-to-recovery-analysts-say

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