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Syrie : Damas donne 4 jours aux FDS pour intégrer Hassaké

par Sara
Syrie, États-Unis

Le gouvernement syrien a accordé aux Forces démocratiques syriennes (FDS) un délai de quatre jours pour soumettre un plan d’intégration de la province de Hassaké au sein des institutions de l’État, conformément à un accord de cessez-le-feu conclu mardi. Cet accord, présenté comme une étape vers la pacification, a reçu le soutien des États‑Unis et un accueil favorable des Nations unies. Il intervient après la reprise par l’armée syrienne de vastes territoires du nord et du nord‑est du pays auparavant administrés par les FDS.

La présidence syrienne a précisé, dans un communiqué, que les forces gouvernementales n’entreraient pas dans les centres urbains de Hassaké et de Qamishli et resteraient positionnées en périphérie si l’accord était effectivement mis en œuvre. Le texte indique par ailleurs que le calendrier et les modalités du « rapatriement pacifique » de la province seront discutés ultérieurement. Les autorités insistent sur la nécessité d’un processus ordonné et négocié pour éviter de nouvelles flambées de violence.

Modalités prévues par l’accord

Selon le communiqué présidentiel, l’accord prévoit que le commandant des FDS, Muzlum Abdi, soit proposé comme candidat au poste d’adjoint au ministre de la Défense et comme candidat au poste de gouverneur de Hassaké. L’accord évoque également la présentation de noms pour la représentation au Conseil du peuple et l’établissement d’une liste de personnes à intégrer dans les institutions de l’État. Ces mesures visent à inscrire l’intégration de facto des FDS dans un cadre institutionnel syrien.

Le texte ajoute qu’il ne doit y avoir aucune force armée étrangère ou factionnelle installée dans les villages à majorité kurde, à l’exception de forces de sécurité locales composées d’habitants de la région. L’accord prévoit par ailleurs de travailler à l’intégration des éléments des FDS au sein des ministères de la Défense et de l’Intérieur, tout en poursuivant les discussions sur la méthode et le calendrier de cette intégration. Les autorités syriennes insistent sur la souveraineté et le rétablissement graduel du contrôle étatique sur l’ensemble du territoire.

Les FDS annoncent leur engagement

Les FDS ont déclaré leur plein engagement à respecter le cessez‑le‑feu convenu avec Damas. Cette adhésion a été saluée dans des messages publics du représentant américain, Tom Barrack, qui a qualifié les garanties offertes — citoyenneté, protection culturelle et participation politique — d’« opportunité majeure » pour la communauté kurde. Il a souligné que la mission initiale des FDS, soutenues auparavant par Washington pour lutter contre l’État islamique, s’était largement épuisée.

Selon Barrack, les intérêts américains à long terme ne résident plus dans le maintien d’une présence militaire durable en Syrie, et la priorité des États‑Unis reste la défaite des cellules résiduelles de l’organisation terroriste, le renforcement de l’unité nationale et le soutien à la réconciliation. Il a enfin estimé que Damas était en mesure d’assumer des responsabilités sécuritaires, notamment la gestion des centres de détention liés à l’État islamique.

Déclarations de Washington et de la Maison‑Blanche

Lors d’une conférence de presse à Washington, le président américain Donald Trump a affirmé que son homologue Ahmad al‑Shar déployait des efforts importants et qu’il avait discuté avec lui de la situation des centres de détention où sont détenus des combattants de l’État islamique dans le nord‑est syrien. Trump a indiqué que les États‑Unis cherchaient aussi à protéger les populations kurdes face aux incertitudes sécuritaires. L’administration américaine a parallèlement opéré un réajustement notable de sa relation avec les FDS depuis l’arrivée de Trump au pouvoir, marquée par un soutien explicite à al‑Shar.

Accords antérieurs et tensions persistantes

Les FDS avaient auparavant renoncé à mettre en œuvre un accord signé en mars 2025 qui prévoyait le respect des droits de la composante kurde dans le cadre d’une égalité pleine et entière entre tous les peuples syriens, l’intégration des institutions civiles et militaires du nord‑est au sein de l’administration d’État, ainsi que la réouverture des passages frontaliers, d’un aéroport et des champs pétroliers et gaziers. Cet accord cherchait aussi à affirmer l’unité territoriale de la Syrie et à organiser le retrait des FDS vers l’est de l’Euphrate.

Dans le même temps, le gouvernement d’Ahmad al‑Shar multiplie les initiatives pour restaurer la sécurité et étendre son contrôle sur l’ensemble des territoires syriens, un objectif affirmé depuis la chute du président déchu Bachar al‑Assad le 8 décembre 2024. L’évolution de la situation dépendra désormais de la capacité des parties à respecter les engagements pris et à structurer un processus d’intégration à la fois acceptable pour les populations locales et viable sur le plan institutionnel.

source:https://www.aljazeera.net/news/2026/1/21/%d8%a7%d9%84%d8%ad%d9%83%d9%88%d9%85%d8%a9-%d8%a7%d9%84%d8%b3%d9%88%d8%b1%d9%8a%d8%a9-%d8%aa%d9%85%d9%87%d9%84-%d9%82%d8%b3%d8%af-4-%d8%a3%d9%8a%d8%a7%d9%85-%d9%84%d9%88%d8%b6%d8%b9-%d8%ae%d8%b7%d8%a9

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