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Les services fédéraux de l’immigration ont lancé une nouvelle opération d’envergure dans le Maine, annoncée sous le nom d' »Opération Catch of the Day ». Le Département de la Sécurité intérieure a confirmé que des rafles avaient débuté la veille, ciblant des personnes accusées d’infractions liées à l’immigration et à la criminalité.
Motivations et ciblage
Un porte-parole de l’administration a laissé entendre que le choix du Maine s’inscrivait dans un contexte politique, alors que l’État est engagé dans un conflit ouvert avec la gouverneure démocrate Janet Mills. Selon ces représentants, certains responsables locaux qualifiés de «sanctuaires» feraient passer la protection d’immigrés en situation irrégulière avant la sécurité des citoyens.
Cependant, des rumeurs circulent selon lesquelles la présence d’une importante communauté somalo-américaine dans des villes comme Portland et Lewiston aurait influencé la décision fédérale. Ces attaques verbales contre des groupes spécifiques ont été alimentées ces derniers mois par des propos présidentiels controversés visant notamment des membres de la communauté somalienne.
Parallèles avec le Minnesota
La décision intervient après des opérations similaires lancées dans le Minnesota en décembre, qui ont été marquées par des heurts violents entre agents fédéraux et manifestants. Lors d’une de ces interventions, une femme a été tuée au cours d’un échange avec un agent d’Immigration and Customs Enforcement (ICE), un événement qui continue d’alimenter l’inquiétude quant aux méthodes employées.
Ces antécédents expliquent en partie l’appréhension manifestée par les responsables locaux et les communautés immigrées du Maine face au déploiement actuel.
Réactions des autorités locales
Le maire de Portland, Mark Dion, a déclaré que de nombreuses familles immigrées se sentent «anxieuses et craintives» depuis le début des opérations. Il a questionné le bien-fondé d’une approche paramilitaire et appelé ICE à privilégier des tactiques ciblées plutôt qu’un déploiement massif d’agents.
Selon le maire, l’activité en cours dans le Maine semble pour l’instant plus individualisée, ce qui pourrait indiquer l’exécution de mandats émis par la justice plutôt qu’une série d’interpellations aléatoires similaires à celles observées dans d’autres États.
Opposition et inquiétudes
Plusieurs élus locaux ont condamné les raids. Un conseiller municipal a qualifié l’opération d’expression d’une politique d’exclusion et a dénoncé des scènes de personnes plaquées au sol ou embarquées de force. D’autres responsables ont insisté sur la nécessité de respecter les droits civiques et la dignité des personnes ciblées.
Les autorités d’ICE ont indiqué avoir procédé à une cinquantaine d’arrestations et identifié près de 1 400 personnes susceptibles d’être détenues dans le cadre de l’opération. Le département fédéral a mis en avant quatre arrestations exemplaires, concernant des personnes originaires du Soudan, du Guatemala, d’Éthiopie et d’Angola, qualifiées par l’administration de «pire du pire», même si, dans au moins un cas, la situation judiciaire restait floue.
Tensions avec la gouverneure Janet Mills
La gouverneure Janet Mills a déclaré avoir tenté, sans succès jusqu’alors, de confirmer le calendrier et l’ampleur du déploiement fédéral avant son lancement. Elle a affirmé travailler avec les autorités locales pour préparer la riposte et protéger les droits des résidents du Maine.
Dans un message public, Mills a également critiqué l’usage par certains agents de masques pour dissimuler leur identité, opposant à ces pratiques les normes professionnelles et la responsabilité des forces de l’ordre du Maine, qui, selon elle, n’arrestent pas pour remplir des quotas.
Dimension politique
La confrontation entre la gouverneure et l’administration fédérale s’inscrit dans un contentieux politique plus large. Les tensions ont pris une tournure publique l’année précédente lors d’une réunion de gouverneurs, suivie d’actions fédérales ciblant l’État, notamment des enquêtes et la suspension de subventions.
Sur le plan électoral, le Maine se prépare pour le cycle des élections de 2026. Après deux mandats à la tête de l’État, Janet Mills ne peut se représenter au poste de gouverneure et a annoncé sa candidature au Sénat, où elle affrontera notamment des figures républicaines en place.