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Le cessez-le-feu entre l’armée syrienne et les Forces démocratiques syriennes (SDF) à direction kurde tient globalement, mais les deux camps s’accusent mutuellement de l’avoir enfreint depuis son extension. Les tensions ont repris avec des attaques par drones et des échanges d’artillerie signalés près d’Alep et autour d’Ain al-Arab (Kobané).
Violations signalées par Damas
Les autorités syriennes ont indiqué que le SDF aurait lancé plus de 25 drones explosifs de type FPV dans la campagne d’Alep, visant des positions de l’armée et causant la destruction de véhicules militaires. Les déclarations officielles mentionnent également des tirs touchant la route M4, qui relie Alep à Lattaquié, et des blessés parmi les civils.
Par ailleurs, des attaques auraient visé des habitations et des axes routiers dans la ville de Sarrin, au sud d’Ain al-Arab, entraînant plusieurs blessés civils. L’armée affirme avoir abattu plusieurs drones avant qu’ils n’atteignent des zones résidentielles à l’est d’Alep.
Réponse et contre-accusations du SDF
De leur côté, les représentants du SDF ont dénoncé des frappes de l’armée syrienne, ciblant des secteurs au sud-est d’Ain al-Arab dès les premières heures du lundi, accompagnées selon eux d’un important pilonnage d’artillerie visant des quartiers résidentiels. Ces attaques auraient alors déclenché des combats entre les forces kurdes et les unités attaquantes.
Le SDF a ajouté que le renforcement des troupes gouvernementales, notamment par l’arrivée de chars et de véhicules blindés, s’était déroulé sous des survols intensifs de drones turcs, selon leurs observations. Les affrontements étaient toujours en cours au moment des derniers comptes rendus.
Cadre de l’accord et transfert de détenus
Le cessez-le-feu initial, conclu pour quatre jours, a été prolongé quinze jours après son expiration, officiellement pour faciliter une opération américaine visant à transférer des détenus liés à l’organisation État islamique (ISIL) depuis des prisons tenues par le SDF vers l’Irak. Cette initiative vise à placer ces détenus dans des centres de détention jugés plus sécurisés.
Les forces américaines ont annoncé avoir commencé le transfert en évacuant des dizaines de combattants depuis une installation dans la province de Hassaké vers des lieux sûrs en Irak, avec l’objectif d’en transférer potentiellement des centaines au fil du temps.
Conquête territoriale et enjeux politiques
Depuis deux semaines, l’armée syrienne a repris des zones du nord et de l’est contrôlées par le SDF, mouvement qui a consolidé la position du président Ahmed al‑Sharaa selon les bilans gouvernementaux. Ces gains territoriaux s’inscrivent dans une volonté déclarée de ramener sous contrôle étatique l’ensemble du territoire syrien, y compris les régions à majorité kurde.
Les autorités kurdes, qui gèrent des institutions civiles et militaires autonomes depuis une décennie, restent réticentes à intégrer totalement les structures de l’État et de l’armée. Après l’échéance d’un calendrier de fusion restée lettre morte, les troupes syriennes ont lancé une offensive ce mois-ci, intensifiant les négociations stagnantes entre les deux camps.
Un cessez-le-feu fragile
Alors que la trêve semble globalement tenir pour l’instant, les accusations croisées et les incidents rapportés démontrent la fragilité de l’accord. La poursuite des transferts de détenus et l’évolution des déploiements militaires resteront des facteurs déterminants pour la stabilité de la zone.
La situation demeure volatile et le respect du cessez-le-feu Syrie SDF sera déterminant pour éviter une nouvelle escalade dans les prochains jours.