Sepp Blatter a apporté son soutien à l’appel au boycott des matches de la Coupe du Monde 2026 organisés aux États-Unis, invoquant la conduite du président Donald Trump et de son administration sur la scène nationale et internationale. Dans un message publié sur X, l’ancien président de la FIFA a relayé les critiques formulées par des observateurs qui estiment que les fans devraient s’abstenir de se rendre aux États-Unis pour le tournoi.
Blatter a notamment cité Mark Pieth, avocat suisse spécialisé dans la lutte contre la corruption, qui a exhorté les supporters à « rester loin des États‑Unis ». Pieth a ajouté qu’il serait de toute façon préférable de regarder les matches à la télévision et a mis en garde contre des risques d’expulsion rapide pour ceux qui seraient perçus comme gênants à l’arrivée.
Ancien président de la FIFA de 1998 à 2015, Blatter, 89 ans, demeure une voix influente et controversée dans le monde du football. Son soutien alimente un débat déjà vif sur la légitimité des États‑Unis comme pays hôte, au moment où la tension entre sport et politique s’intensifie.
Motifs invoqués pour le boycott
Les inquiétudes portent principalement sur plusieurs décisions et postures de l’administration Trump : tentatives d’expansion territoriale, politiques migratoires restrictives et recours à des méthodes musclées face aux manifestants et aux migrants dans certaines villes américaines. Ces éléments ont ravivé des appels à sanctionner politiquement l’organisation du tournoi.
Récemment, des mesures annoncées par l’administration ont compliqué les déplacements des supporters de certains pays, suscitant l’indignation des fédérations et des fans.
- Suspension affectant des supporters du Sénégal et de la Côte d’Ivoire, sauf s’ils disposent déjà d’un visa ;
- Restrictions antérieures ciblant également des citoyens d’Iran et d’Haïti.
Réactions en Europe et en Afrique
En Allemagne, Oke Gottlich, vice‑président de la fédération allemande, a appelé à « sérieusement envisager » un boycott, estimant que la situation actuelle pourrait justifier une telle démarche. Il a critiqué ce qu’il perçoit comme une amnésie morale après les débats sur la Coupe du Monde 2022 au Qatar et demandé des positions plus claires sur la défense des valeurs.
Le club de Hambourg St Pauli, connu pour son engagement politique, ainsi que d’autres voix européennes ont également pris part au débat, estimant que le sport ne peut être dissocié des principes fondamentaux en matière de droits humains.
En Afrique du Sud, le chef de l’opposition Julius Malema a lui aussi appelé la fédération nationale et l’équipe des Bafana Bafana à se retirer du tournoi, en assimilant la politique actuelle des États‑Unis à des violations du droit international. Il a plaidé pour un boycott comparable aux sanctions économiques et sportives qui avaient visé l’apartheid.
Au Royaume‑Uni, des parlementaires ont exhorté l’Angleterre et l’Écosse à se retirer pour « embarrasser » l’administration américaine après les récentes menaces de Trump concernant le Groenland. Aux Pays‑Bas, plus de 100 000 supporters ont signé une pétition demandant à la sélection nationale de boycotter la compétition, tandis que la fédération néerlandaise indique suivre attentivement l’évolution géopolitique sans envisager de retrait immédiat.
Le tournoi se déroulera aux côtés du Canada et du Mexique, du 11 juin au 19 juillet 2026. Alors que les appels au boycott gagnent en ampleur, la question de la participation des fédérations et des supporters reste au cœur d’un débat mêlant géopolitique, droits humains et avenir du sport international.