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Greenpeace dénonce la poursuite du commerce nucléaire France-Russie

par Lea
France

Dans son nouveau rapport publié ce mercredi, Greenpeace dénonce la poursuite du commerce nucléaire entre la France et la Russie et appelle à une réévaluation de ces relations. L’ONG pointe que 18 % des importations d’uranium enrichi proviennent encore de Russie, près de quatre ans après l’invasion de l’Ukraine. Selon Greenpeace, ni la France ni l’Union européenne n’ont rompu leurs liens commerciaux avec Rosatom, le groupe nucléaire public russe. Ces pratiques, selon l’ONG, créent une dépendance qui perdure malgré le contexte géopolitique.

Contexte et chiffres

L’ONG rappelle que la France importe des volumes significatifs d’uranium enrichi en Russie, mais aussi de l’uranium naturel provenant du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan transitant par ce pays. Une partie de ces importations transite encore par le territoire russe et passe par Rosatom avant d’être acheminée vers les ports de Dunkerque ou de Rotterdam et, ensuite, vers les usines d’Orano. Greenpeace affirme que l’État russe maintient un contrôle important sur le secteur minier kazakhstanais. Cette situation est dénoncée comme une entrave à la souveraineté française sur son approvisionnement nucléaire.

Trajectoires et implications

Pour Pauline Boyer, chargée de campagne chez Greenpeace France, la France alimente l’économie russe et, par extension, sa machine de guerre. Elle appelle à sanctionner Rosatom afin d’envoyer un message fort et de mettre fin à l’impunité dont bénéficie la première entreprise mondiale à avoir pris les commandes d’une centrale nucléaire étrangère par la force, à Zaporijjia. Dans ce contexte, Greenpeace affirme que le commerce nucléaire avec Rosatom est insoutenable et nécessite une action politique.

Uranium et énergie en France

Du côté européen, la Commission européenne n’a pas encore fixé de calendrier pour l’interdiction des importations de produits nucléaires russes, et les négociations restent vives entre les 27 États membres. L’étude actualise des conclusions déjà formulées dans un rapport de 2023, qui dénonçait une dépendance persistante de la France vis‑à‑vis de l’atome civil russe. Selon les chiffres, la France importe l’intégralité de l’uranium nécessaire au fonctionnement de son parc nucléaire, qui a fourni plus de 86 % de la production électrique d’EDF en 2024. L’uranium naturel doit être converti puis enrichi pour devenir combustible; la France dispose d’une usine d’enrichissement au Tricastin dans la Drôme, gérée par Orano.

Perspectives et enjeux

Au cœur de ces enjeux, l’uranium nécessaire au nucléaire demeure fortement lié à des chaînes d’approvisionnement internationales complexes et à un contrôle étroit de Rosatom sur certaines ressources. Les discussions sur l’avenir du nucléaire civil en France et en Europe se poursuivent, avec des tensions entre sécurité énergétique et pression géopolitique. L’enjeu est d’assurer une fourniture fiable tout en renforçant les mécanismes de sanction et de transparence sur les transactions liées au secteur nucléaire.

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