Accueil ActualitéDonald Trump entre pression et hésitations face à l’Iran

Donald Trump entre pression et hésitations face à l’Iran

par Lea
France

Face à l’Iran, Donald Trump navigue entre pressions et hésitations. Après avoir évoqué une intervention militaire au début du mois, il a de nouveau menacé Téhéran tout en appelant à la poursuite de la diplomatie. Le président américain a annoncé le déploiement dans la région d’une flotte importante, prête à agir rapidement et avec fermeté si nécessaire, pour intervenir contre l’Iran. Par ailleurs, il a réaffirmé son souhait de négocier un accord juste et durable, sans armes nucléaires.

Des menaces, puis un silence

Le choix entre action et négociation s’est manifesté dans une chronologie marquée par des annonces et des revers. Après avoir envisagé une frappe, Trump a été confronté à une contestation populaire en Iran, largement réprimée dans le sang. Le 6 janvier, il avait assuré que les États-Unis viendraient en aide aux manifestants si des morts survenaient de nouveau; quatre jours plus tard, il répétait que les Américains étaient prêts à aider le peuple iranien à retrouver la liberté. Le 13 janvier, le pouvoir iranien avait déjà tué des centaines de contestataires et le locataire de la Maison-Blanche promettait, dans un message publié sur les réseaux sociaux, que l’aide arriverait dans le pays. Le lendemain, un changement de ton a suivi, évoquant que les violences pourraient cesser et mentionnant que l’administration mettait en avant des résultats, dont la réduction des pendaisons selon ses chiffres. Dans les jours qui ont suivi, l’attention s’est tournée vers d’autres sujets, et les signaux d’un recours à la force se sont faits plus rares.

Par ailleurs, la même période a été marquée par des chiffres avancés par l’équipe présidentielle selon lesquels plus de 800 pendaisons auraient été annulées par le régime, une assertion qui a alimenté les débats sur l’efficacité des pressions américaines et la stabilité du pouvoir.

L’option militaire toujours envisagée

À ce jour, rien n’est tranché. Deux scénarios restent sur la table : une intervention militaire ou une reprise du dialogue diplomatique. Des informations de Reuters indiquent que Washington pourrait faire resurgir l’hypothèse d’une intervention armée afin d’inciter les manifestants à intensifier leur contestation et de pousser vers un changement de régime par des frappes ciblant les responsables de la répression et, potentiellement, des sites du programme nucléaire iranien. Cette approche serait toutefois jugée très ambitieuse et difficile à réaliser, même si elle demeure envisageable.

La perspective d’un changement de régime par la force est largement décrite comme peu crédible, et les analystes rappellent les limites historiques de telles tentatives. Israël nourrit depuis longtemps le souhait de déloger le guide suprême, mais n’y est pas parvenu. En parallèle, miser sur une mobilisation populaire pour renverser le régime paraît risqué et incertain, tant les répercussions internes restent imprévisibles.

Processus diplomatique toujours bloqué

Alors que l’armée américaine se tient prête à intervenir, les possibilités de dialogue ne sont pas définitivement exclues. Les alliés du Golfe ne favorisent pas une solution militaire et redoutent les représailles iraniennes sur leurs territoires, où se déploient des bases américaines. En juin dernier, une base au Qatar avait été touchée par des frappes iraniennes en riposte à des attaques contre le programme nucléaire iranien. L’Arabie saoudite a par ailleurs notifié à Téhéran qu’elle n’autoriserait aucune action militaire des États-Unis sur son sol ni dans son espace aérien.

Les États-Unis ont tenté à plusieurs reprises de relancer des discussions, mais l’intransigeance de Téhéran a freiné le retour au dialogue. L’Iran exige de son côté des garanties sur ses missiles balistiques, une position qui, selon certaines sources, demeure un obstacle majeur au rétablissement des échanges. Le ministre iranien des Affaires étrangères a assuré que les forces iraniennes étaient prêtes à répondre rapidement à toute agression. D’autres voix, comme Hossein Mousavian, appellent à reprendre le contact et à parler avec Trump afin d’éviter une escalade dangereuse.

Cela pourrait vous intéresser

Laisser un commentaire