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La Chine a enregistré l’an dernier seulement 7,9 millions de naissances, soit une baisse de 17 % par rapport à 2024 — le niveau le plus bas depuis la création de la République populaire en 1949. Ce recul alarmant relance les inquiétudes sur l’avenir démographique du pays et sur le risque que Pékin cherche à imposer des mesures coercitives pour relancer la natalité.
Un creux historique
Le taux de fécondité se situe désormais autour d’un enfant par femme en âge de procréer, loin du seuil nécessaire au maintien de la population. Les statistiques officielles montrent une baisse de la population pendant quatre années consécutives, avec un recul de 3,4 millions de personnes l’an dernier, pour atteindre environ 1,4 milliard d’habitants.
Cette tendance illustre la profondeur de la baisse natalité Chine et alimente des projections pessimistes sur le long terme.
Mesures publiques et tentatives de relance
Après l’abandon officiel de la politique de l’enfant unique, Pékin a progressivement assoupli les règles: autorisation de deux enfants, puis de trois, accompagnée d’incitations fiscales et d’aides financières aux familles.
Parallèlement, les autorités ont encouragé le mariage et rendu certaines procédures de divorce plus difficiles. Face à l’inefficacité de ces mesures, des restrictions concernant l’accès à l’avortement ont également été signalées.
- Incitations financières et fiscales aux couples
- Campagnes encourageant le mariage et la natalité
- Durcissement de certaines règles administratives (divorce, avortement)
Racines du problème et craintes de coercition
Les causes profondes résident en partie dans l’héritage de la politique de l’enfant unique instaurée en 1979, qui a généré une génération d’enfants uniques et des pratiques coercitives — stérilisations et avortements forcés — pour contrôler les naissances.
Depuis l’échec des politiques incitatives, des voix s’élèvent et des rapports internes évoquent la possibilité de nouvelles méthodes de pilotage démographique, y compris la fixation d’objectifs de fécondité et leur intégration aux critères d’évaluation des responsables locaux.
Certains observateurs craignent que l’appareil d’État chargé de la planification familiale soit recentré au service d’objectifs démographiques nationaux, au détriment des droits individuels.
Discours officiel et visions stratégiques
Le président Xi Jinping a appelé les femmes à « ne pas se limiter au travail » et à « contribuer activement à bâtir une nouvelle culture du mariage et de la natalité fondée sur le développement et le progrès national ». Ce type de discours s’inscrit dans une logique où la démographie devient un enjeu stratégique.
Des spécialistes estiment que l’appareil public pourrait désormais orienter ses efforts vers l’augmentation des naissances comme composante essentielle de la politique économique et géopolitique du pays.
Scénarios futurs et conséquences
Les projections démographiques varient, mais la majorité des démographes tablent sur une forte contraction de la population d’ici la fin du siècle, avec des estimations courantes allant de 500 à 600 millions d’habitants. Certains experts avancent même des chiffres plus bas.
Une baisse dramatique de la population active menacerait la croissance économique et accroîtrait la pression sur les systèmes de santé et de retraite. Face à ces enjeux, la façon dont Pékin choisira d’agir — par l’incitation ou par la contrainte — restera déterminante pour l’évolution sociale et politique du pays.