Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’est rendu à Baigneaux, dans l’Eure-et-Loir, pour visiter une exploitation agricole et lancer les contrats d’avenir dans l’agriculture, en levant le voile sur l’engagement de l’État en faveur de la production locale. Accompagné de plusieurs ministres, dont Annie Genevard, il a présenté ce cadre d’action destiné à renforcer les filières et les territoires. Les échanges avec les acteurs du monde agricole ont été nourris et portés par des appels à des résultats concrets.

Baigneaux: cadre et objectifs des contrats d’avenir
La visite a commencé par la visite d’un verger d’amandiers et s’est poursuivie par un temps d’échange sur les contrats d’avenir promus par les Jeunes agriculteurs, avec la promesse d’un travail en groupes filière par filière lors du salon de l’agriculture. L’aboutissement de tout cela est prévu à la fin du premier semestre ou au début du deuxième semestre 2026, selon les intervenants.
À l’arrivée, un agriculteur a lancé: « Vous allez bien ? », et le Premier ministre a répondu: « A fond ! ». Ces échanges ont rythmé une après-midi centrée sur les contrats d’avenir et la souveraineté alimentaire.
« Des contrats d’avenir intelligemments pensés » Pour Annie Genevard, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, les contrats d’avenir « sont intelligemments pensés ». « Il faut faire un grand travail, y compris avec la grande distribution. Au salon d’agriculture on va présenter des groupes de travail fillière par fillière. L’aboutissement de tout cela sera à la fin du premier semestre ou début du 2e semestre 2026 », a-t-elle ajouté.
Le temps d’échanges s’est poursuivi avec des représentants syndicaux et a été marqué par l’idée d’un plan long terme et d’un engagement financier pour accompagner les porteurs de projet, comme le soulignait le Premier ministre et Annie Genevard, à l’image d’une dynamique qui doit se matérialiser dans les actes.
Débats et attentes des agriculteurs: prix, PAC et délocalisation
Le vice‑président de la Coordination rurale a pris la parole pour rappeler la réalité des primes de la PAC et la nécessité de rémunérer les prix; « J’entends des choses intéressantes mais je vous alerte : les primes de la PAC sont divisées par deux, ça pèse ! Si jamais l’agriculture ne dégage pas de revenus nos jeunes n’iront pas. Moi j’ai deux filles, je les dissuade de reprendre l’exploitation aujourd’hui. »
Un agriculteur a ajouté: « il faut que dans les contrats d’avenir, les prix soient rémunérateurs ! »
La délocalisation a été évoquée avec l’exemple de l’usine Ferrero à Rouen qui importe des noisettes de Turquie alors qu’elles pourraient être produites en France, selon Jean-Baptiste Morin, représentant de la Coordination rural. Un agriculteur a aussi évoqué l’inflation sur le matériel alors que le prix du blé est en berne.
Sur le volet économique, Serge Papin a plaidé pour un plan pluriannuel pour la distribution et a posé la question: « Comment investir sans vision ? ». Il a aussi évoqué le problème des ruptures des oeufs en supermarché: « il faut une reponse sur les premiers quartiles de prix ».
Pierrick Horel, président des Jeunes agriculteurs, a appelé à une « vision » et une « planification » sur 10 à 15 ans face au changement climatique et a précisé que les agriculteurs s’engagent par un contrat (principe du “contrat d’avenir”).
La suite de l’après-midi a offert une perspective de long terme: le Premier ministre a affirmé vouloir une France souveraine en matière d’agriculture et a insisté sur le fait qu’« il faut accompagner les porteurs de projet, notamment sur le plan financier ». Le temps d’échange a été ponctué par les observations d’Annie Genevard et les échanges avec les Jeunes agriculteurs, qui ont rappelé que la réalisation des objectifs passera par la coopération avec les acteurs traditionnels et une meilleure utilisation de la commande publique.
Le Premier ministre a conclu en appelant à une meilleure adaptation au changement climatique et à une planification sur le long terme, affirmant que « le Gouvernement doit maintenant s’occuper de notre indépendance ».