Le Kremlin a accepté une demande du président américain de s’abstenir de frapper Kiev jusqu’à dimanche, alors que les attaques russes ont mis à mal le réseau énergétique ukrainien en plein hiver. Des sources signalent que Donald Trump avait évoqué un arrêt des frappes pour une semaine, mais les modalités restent floues. Le Kremlin affirme que cette pause est destinée à « créer des conditions favorables à la tenue de négociations ». De son côté, Volodymyr Zelensky a évoqué un arrêt mutuel des attaques sur les infrastructures énergétiques et a souligné que des points sensibles, notamment sur les territoires de l’est et les échanges de prisonniers, demeurent en suspens.
À Abou Dhabi, des pourparlers en vue d’un accord
Des pourparlers ont été engagés les 23 et 24 janvier aux Emirats arabes unis sur le plan proposé par Washington pour mettre fin à quatre ans de combats. Des représentants de Moscou et de Kiev doivent se réunir à nouveau dimanche, dans le cadre de cette initiative qui vise à « créer des conditions favorables à la tenue de négociations », selon le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Éléments en jeu: infrastructures et territoires
Le président Zelensky a évoqué dans des propos publics le principe d’un arrêt mutuel des attaques sur les infrastructures énergétiques: «Si la Russie ne frappe pas nos infrastructures énergétiques – sites de production ou toute autre installation de ce secteur –, nous ne frapperons pas les leurs», a-t-il déclaré à des journalistes, dont ceux de l’AFP, en réponse à l’annonce de M. Trump.
Les dernières semaines ont vu des coupures d’électricité et de chauffage dans plusieurs grandes villes ukrainiennes et l’hiver est décrit comme glacial. L’Ukraine vise des raffineries et des dépôts de pétrole en Russie et des infrastructures de transport d’hydrocarbures, provoquant d’importants incendies; les échanges de prisonniers de guerre se sont interrompus, le dernier en date remontant à l’année dernière, ce type d’échanges était le seul résultat concret des dernières négociations russo-ukrainiennes, en 2025 à Istanbul.
Côté russe, le Kremlin a confirmé jeudi que le dialogue se poursuivait sans commenter les détails du processus. Donald Trump a aussi assuré que « beaucoup de progrès » avaient été faits jusqu’ici dans les pourparlers diplomatiques. Sur le front, l’armée russe a revendiqué vendredi de nouvelles avancées, annonçant la prise des localités de Berestok dans la région de Donetsk (est) et de Ritchné, dans celle de Zaporijjia (sud), à moins de trente kilomètres de la capitale régionale éponyme. Dans le nord-est de l’Ukraine, des familles avec enfants ont reçu l’ordre d’évacuer sept villages de la région de Kharkiv, illustrant la progression des soldats russes dans ce secteur.