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Bangladesh 2026 : qui sont les acteurs clés de l’élection ?

par Sara
Bangladesh, Inde

Le Bangladesh se rend aux urnes le 12 février 2026 pour la première élection nationale depuis la chute de la Première ministre Sheikh Hasina en 2024. Environ 127 millions d’électeurs inscrits sont appelés à choisir 350 députés de la Jatiya Sangsad, tandis qu’un référendum sur la « Charte de juillet 2025 » se tiendra simultanément, renforçant l’enjeu constitutionnel du scrutin. L’expression « Élection Bangladesh 2026 » cristallise ainsi des choix politiques majeurs pour l’avenir du pays.

Depuis août 2024, un gouvernement de transition dirigé par le lauréat du prix Nobel Muhammad Yunus assure l’intérim après un soulèvement étudiant qui a renversé Hasina. Celle-ci est aujourd’hui en exil en Inde, condamnée à mort par un tribunal spécial pour la répression meurtrière des manifestations et dont le parti, la Ligue Awami, est interdit de participer à la vie politique.

Les deux principaux blocs en lice

La compétition nationale se joue principalement entre deux coalitions : le Bangladesh Nationalist Party (BNP), à la tête d’une alliance de dix partis, et Jamaat-e-Islami (Jamaat), qui conduit une coalition de onze formations incluant le National Citizen Party (NCP), issu du mouvement étudiant de 2024. L’interdiction de l’Awami League change profondément la donne électorale et force les électeurs traditionnels d’Hasina à redéfinir leurs choix.

BNP : le retour de Tarique Rahman

Dirigé par Tarique Rahman, le BNP se présente comme l’un des favoris du scrutin. Héritier d’une dynastie politique fondée par Ziaur Rahman, le parti se positionne au centre-droit et affirme défendre un nationalisme inclusif, destiné à rassembler des citoyens de toutes confessions et origines.

De retour au pays fin décembre 2025 après des années d’exil, Tarique Rahman a cherché à revitaliser l’appareil organisational du parti et à adoucir son image pour séduire un électorat plus large. Dans ses meetings, il a promis des investissements dans les infrastructures, la santé et la formation en technologies de l’information dans les zones rurales et urbaines.

Selon des sondages récents, le BNP capterait une part importante de l’opinion publique, ce qui s’explique en partie par la reprise en main du parti au niveau local et central et par la mobilisation de milliers de sympathisants lors des rassemblements électoraux.

Jamaat-e-Islami : résurgence et inquiétudes

Jamaat-e-Islami, parti d’inspiration islamiste rétabli juridiquement en 2025 après des années d’interdiction, revient en force sous la direction de Shafiqur Rahman. Historiquement controversé en raison de sa position pendant la guerre d’indépendance de 1971, le parti tente aujourd’hui de se présenter comme une force politique organisatrice et pragmatique.

Sa résurgence suscite toutefois des préoccupations, notamment parmi ceux qui craignent une possible remise en cause des droits des femmes et des minorités religieuses. Jamaat réfute ces craintes et affirme concentrer ses efforts sur l’élargissement de sa base électorale, y compris en présentant pour la première fois des candidats issus de minorités.

Les récents sondages placent l’alliance menée par Jamaat très proche du BNP en termes de soutien populaire, reflétant la polarisation de l’électorat depuis la dépose d’Hasina.

National Citizen Party : la relève étudiante confrontée au choix stratégique

Né du mouvement étudiant de juillet 2024, le National Citizen Party (NCP) incarne la génération qui a contribué à renverser l’ancien pouvoir. Mené par Nahid Islam, 27 ans, le NCP défend des revendications contre la corruption, pour la liberté de la presse et une meilleure représentation des femmes.

Faute de ressources suffisantes, le NCP a choisi de rejoindre l’alliance menée par Jamaat, décision qui a provoqué des départs au sein du parti et des critiques accusant ses dirigeants de compromettre les valeurs originelles du mouvement étudiant. Les responsables du NCP soutiennent toutefois qu’il s’agit d’un compromis stratégique pour siéger au Parlement et porter leurs réformes.

Autres acteurs et rôle des institutions

Outre les formations politiques, deux figures institutionnelles pèsent lourdement : Muhammad Yunus, chef du gouvernement intérimaire, et le général Waker-uz-Zaman, chef de l’armée. Yunus, qui préside également le processus de réforme constitutionnelle via la Commission de réforme (CRC), a promu la Charte de juillet 2025, soumise au référendum le même jour que les élections.

La charte propose des mécanismes anticorruption, des réformes électorales et de nouvelles règles pour les forces de l’ordre. Si Yunus affiche sa confiance quant à l’adhésion populaire, certains critiques jugent la procédure constitutionnellement contestable et redoutent un calendrier précipité.

De son côté, l’armée met l’accent sur le maintien de l’ordre : après l’instabilité politique et les violences de 2024, le soutien logistique et sécuritaire des forces armées est présenté comme indispensable pour garantir la tenue du scrutin sur l’ensemble du territoire.

Sheikh Hasina : influence malgré l’exil

Exilée en Inde et condamnée en novembre 2025, Sheikh Hasina dénonce la légitimité de l’élection, arguant que l’exclusion de l’Awami League fragilise l’unité nationale. Le gouvernement intérimaire a limité la diffusion de ses déclarations à l’intérieur du pays, craignant qu’elles n’attisent les tensions.

Cependant, les analystes observent que Hasina conserve une influence sur une part significative de l’électorat. Son camp demeure un facteur potentiellement déstabilisant à l’approche du scrutin, susceptible d’alimenter les protestations ou les remous politiques en cas de contestation des résultats.

Enjeux majeurs à l’approche du 12 février

  • La légitimité du scrutin dans un contexte où le principal parti historique est interdit.
  • Le référendum sur la Charte de juillet 2025 et ses conséquences constitutionnelles.
  • La capacité des institutions, notamment l’armée et le gouvernement intérimaire, à garantir la sécurité et la transparence du vote.
  • La recomposition de l’électorat après la chute d’Hasina et l’impact des alliances nouvelles entre formations traditionnelles et mouvements émergents.

À quelques semaines du vote, l’issue de l’Élection Bangladesh 2026 reste ouverte. Les prochains jours seront déterminants pour mesurer si les acteurs politiques parviendront à organiser un scrutin apaisé et accepté par la majorité des citoyens.

source:https://www.aljazeera.com/news/2026/2/7/bangladesh-election-who-are-the-key-players-and-parties

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