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Le président somalien Hassan Sheikh Mohamud a fermement rejeté la reconnaissance par Israël de Somaliland et a averti qu’il ne permettra jamais l’installation d’une base israélienne à Somaliland. Dans une interview diffusée samedi, il a qualifié ce geste d’ingérence qui accentue l’instabilité et remet en cause l’ordre international.
Avertissement de Mogadiscio
Lors de cet entretien, Mohamud a assuré que la Somalie « se défendra » et qu’elle « affrontera » toute présence militaire israélienne sur le territoire considéré comme faisant partie de la Somalie. Il a estimé qu’une telle base pourrait servir de point d’appui pour des opérations visant les pays voisins.
Il a également dénoncé la reconnaissance comme une action illégale au regard du droit international et a exprimé son inquiétude quant à l’affaiblissement des règles qui gouvernent les relations entre États.
Les enjeux géopolitiques
Le choix de Somaliland revêt une portée stratégique majeure : la région contrôle des axes maritimes essentiels près de la Mer Rouge et se situe à la croisée de plusieurs foyers de tension dans la Corne de l’Afrique et au Moyen‑Orient.
Israël est devenu le premier État à reconnaître Somaliland comme indépendant, une décision qui a bouleversé la donne après des décennies d’isolement diplomatique de la région. Somaliland a développé une identité politique distincte, avec sa propre monnaie, son drapeau et son parlement, tout en restant contesté sur certaines régions orientales.
Allégations et démentis
Des médias ont rapporté que des responsables israéliens auraient exploré l’usage du territoire pour diverses opérations, suscitant des accusations. Israël et les autorités de Somaliland ont nié les allégations de projets visant à déplacer des populations, mais un responsable du ministère des Affaires étrangères de Somaliland a confirmé à une chaîne israélienne que l’idée d’une base militaire restait « sur la table » et était à l’étude selon des conditions.
Réactions régionales et internationales
La Somalie a dénoncé cette reconnaissance comme une atteinte à son intégrité territoriale. La prise de position de Mogadiscio a reçu le soutien de nombreux dirigeants africains et arabes qui demandent le retrait de la reconnaissance.
Sur la scène internationale, les réponses restent prudentes : certains acteurs n’ont pas encore annoncé de changement majeur de politique. En août, l’ancien président américain Donald Trump a laissé entendre qu’il travaillait sur la question, qualifiant Somaliland d’« affaire complexe ».
Perspectives et tensions
Mohamud a mis en garde contre les conséquences d’un affaiblissement des institutions internationales et a estimé que le recours croissant à la force sans respect du droit international menace la stabilité régionale et mondiale.
Face à ces tensions, la Somalie affirme sa détermination à protéger sa souveraineté et à s’opposer à toute tentative d’implantation militaire étrangère, alors que la région se trouve désormais au cœur d’un débat diplomatique et sécuritaire aux répercussions larges.