Table of Contents
À Dilley, Texas, l’un des deux centres de détention familiale pour immigrés, des témoignages décrivent des conditions sanitaires préoccupantes et un quotidien marqué par un manque d’intimité et des services insuffisants. Le centre peut accueillir jusqu’à 2 000 personnes et est au cœur des critiques liées à la politique d’expulsion de l’administration Trump. Liam Conejo Ramos, un petit Équatorien de cinq ans, y avait été envoyé avec son père après leur arrestation en janvier par les agents fédéraux à Minneapolis; un juge a ordonné leur retour à la maison.

Des conditions sanitaires préoccupantes
Des témoignages recueillis par l’AFP via l’ONG RAICES évoquent des conditions sanitaires préoccupantes à Dilley. Certains détenus préfèrent s’identifier uniquement par un prénom d’emprunt ou une initiale pour préserver leur anonymat.
« Le cas de Liam et de son père est représentatif de la réalité de nombreuses familles », résume Javier Hidalgo, directeur juridique de RAICES. « Ils étaient engagés dans un processus de régularisation et se rendaient à des rendez-vous fixés par la justice, mais ils se sont faits arrêter malgré tout. »
Selon lui, les souffrances vécues par ces enfants n’ont qu’un objectif: dissuader les familles de contester leur expulsion.
Des dizaines d’enfants détenus
Le nombre moyen d’enfants détenus par l’ICE depuis le retour au pouvoir de l’administration Trump a fortement augmenté, passant de 25 à 170 enfants par jour, selon des données analysées par The Marshall Project.
Dilley, dont la capacité est de 2 000 personnes, est l’un des deux centres de détention familiale au Texas. Début février, l’établissement a confirmé deux cas de rougeole et a suspendu les nouvelles incarcérations, plaçant les personnes concernées en quarantaine.
Par ailleurs, W, une Haïtienne de 34 ans entrés légalement par la frontière mexicaine sous Biden, et son fils de deux ans, ont demandé l’asile; ils avaient été installés dans l’Ohio mais ont été arrêtés par l’ICE et transférés à Dilley en octobre. « Mon fils et moi sommes en prison. Il n’y a absolument aucune intimité », a-t-elle raconté, avec des plaintes répétées sur les lumières allumées 24 heures sur 24. Des protestations ont éclaté lorsque des insectes ont été signalés sur des légumes servis, obligeant les agents à intervenir pour rétablir le calme. Une autre détenue, Diana, Colombienne, a déclaré que sa fille de 10 ans souffrant de la maladie de Hirschsprung n’obtenait pas une alimentation adaptée malgré ses alertes.
Les gestionnaires se défendent
CoreCivic, l’entreprise privée en charge du centre, affirme placer la santé et la sécurité des détenus au rang de « priorité absolue ». Elle explique travailler en étroite collaboration avec les autorités de l’ICE et garantir un suivi médical constant pour toutes les personnes placées sous leur responsabilité.
Le cas du groupe familial autour de Mohamed Sabry Soliman a été évoqué par les autorités, qui justifient la détention en raison d’une possible connaissance des intentions de l’auteur présumé de l’attaque dans le Colorado. Sa femme Hayam El Gamal et leurs enfants, âgés de 5 à 18 ans, soutiennent depuis le début qu’il n’a informé personne de ses intentions. Habiba, l’aînée, explique dans un texte manuscrit publié par l’avocat de la famille qu’elle aimerait avoir été au courant afin de prévenir le drame et affirme que détenir des familles pendant des périodes indéfinies ne devrait pas être permis.