Accueil ActualitéAffaire Epstein : Jack Lang démissionne, quel avenir pour l’IMA ?

Affaire Epstein : Jack Lang démissionne, quel avenir pour l’IMA ?

par Sara
France, États-Unis

Jack Lang a annoncé sa démission de la présidence de l’Institut du Monde Arabe à Paris, après la publication de documents liant son nom à ceux de Jeffrey Epstein. Dans une lettre adressée au ministère des Affaires étrangères, il explique vouloir partir « pour préserver l’Institut » et se donner la possibilité de « réfuter calmement » les accusations qui pèsent sur lui, alors qu’il était attendu pour fournir des explications devant les services ministériels.

Les révélations et la défense de Jack Lang

Le nom de Jack Lang apparaît des centaines de fois dans la dernière fournée de pièces issues des archives d’Epstein, ce qui a ravivé l’indignation publique. Âgé de 86 ans, l’ancien ministre de la Culture assure assumer ses relations passées avec le financier mais nie toute implication dans un réseau de trafic sexuel.

Il affirme n’avoir jamais eu d’indices laissant penser à l’existence d’un tel réseau et met en avant sa manière de fonctionner : faire confiance et privilégier les rencontres fortuites. Selon lui, la simple présence de son nom dans des documents ne constitue pas une preuve d’acte illégal.

Un lien évoqué via Woody Allen

Jack Lang reconnaît que sa relation avec Epstein est intervenue par le biais du réalisateur américain Woody Allen, lui aussi au cœur de polémiques depuis le mouvement #MeToo. Lang avait publiquement soutenu Allen lors de ses controverses, un geste qui, selon les documents, a été salué par Epstein.

La révélation a suscité des caricatures et un débat médiatique intense, soulignant l’embarras provoqué par ces liens et alimentant les appels à la démission de la part de figures politiques et culturelles.

Enquête pour « blanchiment » et flux financiers suspects

Des pièces montrent qu’une structure liée à Epstein a versé 57 897 dollars en 2018 à une association créée par des proches de Jack Lang, au motif de « financer un film » intitulé provisoirement « Jack Lang, traversée du siècle », projet qui n’a jamais été projeté publiquement.

Par ailleurs, la fille de Jack Lang, Caroline Lang, figure dans des documents financiers et aurait cofondé en 2016 une société aux îles Vierges britanniques avec Epstein. Le parquet financier a ouvert une enquête préliminaire visant Jack Lang et sa fille pour des faits de blanchiment liés aux produits d’une fraude fiscale présumée.

De son côté, le ministère a estimé que les premiers éléments révélés sont « nouveaux et très graves » et nécessitent un examen approfondi.

La démission de Caroline Lang et ses explications

Caroline Lang a démissionné de la présidence du Syndicat des producteurs indépendants après la parution des informations. Elle a reconnu une « grande naïveté », expliquant n’avoir pas déclaré sa société offshore aux autorités fiscales puisqu’elle n’y avait pas injecté de fonds personnels et que les apports venaient, selon elle, d’Epstein.

Elle affirme n’avoir eu aucune relation amoureuse avec le milliardaire et assure n’avoir jamais été sollicitée de manière intime. Ses déclarations n’empêchent toutefois pas le déclenchement de l’enquête judiciaire.

Le sort de l’Institut du Monde Arabe en question

Au‑delà des personnes impliquées, c’est l’avenir de l’Institut du Monde Arabe qui inquiète un large public. Si l’action de Jack Lang a été saluée pour avoir dynamisé la vie culturelle de l’institution et renforcé ses liens avec le monde arabe, la polémique entraîne annulations et désistements d’événements programmés, ainsi que des appels au boycott sur les réseaux sociaux.

Des voix politiques ont averti que le maintien de Lang à la tête de l’Institut risquerait d’affaiblir durablement son image. Certains observateurs craignent aussi que l’extrême droite n’exploite l’affaire pour s’en prendre à l’une des principales institutions culturelles consacrées au monde arabe en Europe.

Perspectives et suites

Jack Lang répète que sa démission vise à protéger l’Institut et à lui permettre de répondre aux accusations en toute sérénité. Les prochains jours seront marqués par l’avancée de l’enquête préliminaire et par les auditions éventuelles décidées par les autorités judiciaires et administratives.

La crise relance en tout cas un débat national sur les liens entre personnalités publiques et mécènes privés, ainsi que sur la transparence des financements culturels.

source:https://www.aljazeera.net/culture/2026/2/8/%d8%b9%d8%a7%d8%b5%d9%81%d8%a9-%d8%a5%d8%a8%d8%b3%d8%aa%d9%8a%d9%86-%d8%aa%d8%b7%d9%8a%d8%ad-%d8%a8%d8%ac%d8%a7%d9%83-%d9%84%d8%a7%d9%86%d8%ba-%d8%a3%d9%8a-%d9%85%d8%b3%d8%aa%d9%82%d8%a8%d9%84

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