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Les autorités cubaines ont informé les compagnies aériennes opérant vers et depuis le pays de la suspension des livraisons de kérosène pour une durée d’un mois, à compter de minuit lundi soir. Selon un responsable d’une compagnie européenne ayant demandé l’anonymat, l’instance de l’aviation civile cubaine a annoncé qu’« il n’y aura aucun ravitaillement en carburant jet (kérosène) » à partir du mardi 10 février à 00h00, heure locale.
Un arrêt qui reflète l’aggravation de la crise énergétique
Cette décision illustre la gravité de la crise énergétique qui affecte l’île. Cuba ne produit pas de pétrole à l’échelle commerciale et dépend presque entièrement des importations de produits pétroliers, dont le kérosène, fournis jusque-là par des alliés comme le Venezuela et la Russie.
En conséquence, tout retard ou coupure dans les approvisionnements se traduit rapidement par une érosion des stocks nationaux et des répercussions immédiates sur la vie quotidienne et l’économie.
Pressions internationales et mesures américaines
La suspension intervient dans un contexte de pressions internationales accrues. À la fin janvier, le président américain a signé un décret déclarant l’état d’urgence nationale et autorisant l’imposition de nouvelles mesures contre les pays qui fournissent du pétrole à Cuba.
Lors de la signature, les autorités américaines ont accusé La Havane de soutenir des acteurs étrangers jugés « hostiles » et d’étendre des coopérations militaires et de renseignement avec d’autres puissances. Ces allégations ont contribué à durcir la position de Washington vis‑à‑vis des fournisseurs de carburant.
Impact sur l’aviation et la mobilité
La suspension des livraisons de kérosène menace directement le fonctionnement des vols commerciaux et cargo. À court terme, les compagnies devront réorganiser leurs programmes, chercher des solutions techniques pour le ravitaillement en escale ou annuler des rotations, entraînant des perturbations pour les passagers et le fret.
Par ailleurs, cette situation alourdit la pression sur des infrastructures déjà fragilisées et augmente les coûts opérationnels des compagnies desservant l’île.
Une crise sociale et économique exacerbée
La suspension coïncide avec la pire crise économique qu’ait connue Cuba depuis des décennies. Les habitants subissent des coupures d’électricité répétées — parfois jusqu’à vingt heures par jour — ainsi que des pénuries de nourriture et de médicaments.
Autrefois largement dépendante du pétrole vénézuélien, l’île fait face aujourd’hui à une raréfaction des approvisionnements qui aggrave la crise humanitaire et limite les marges de manœuvre du gouvernement pour stabiliser la situation.
Perspectives et risques
La suspension du ravitaillement en kérosène est annoncée pour un mois, mais toute prolongation risquerait d’entraîner des conséquences plus lourdes pour le transport aérien, le commerce et les services essentiels. Les compagnies et les autorités cherchent des alternatives, tandis que la population reste confrontée à des contraintes croissantes.
En outre, les tensions diplomatiques persistantes et les mesures prises par des puissances étrangères pourraient jouer un rôle déterminant dans l’évolution de la situation énergétique à Cuba dans les semaines à venir.