En avril 2025, un tribunal a relaxé une enseignante de français mise en examen pour harcèlement envers Evaëlle, collégienne de 11 ans qui s’était suicidée en 2019 dans le Val-d’Oise.
Le procès en appel pour harcèlement de l’enseignante d’Evaëlle s’ouvre ce lundi à Versailles, moins d’un an après la relaxe en première instance.
Les parents d’Evaëlle, en pleurs, n’avaient pas compris la décision du tribunal de Pontoise en avril 2025, relaxant la professeure alors que certains éléments du dossier étaient jugés peu clairs ou relevant simplement de comportements décrits comme propres à l’exercice de l’autorité d’un enseignant en classe.
L’enseignante, qui avait nié les faits tout au long de l’audience, s’était déclarée soulagée que la vérité éclate enfin.
Le ministère public avait saisi la cour d’appel et réclamé une peine de 18 mois de prison avec sursis à l’encontre de la professeure.
Evaëlle s’était donnée la mort dans sa chambre du pavillon familial à Herblay, dans le Val-d’Oise, en juin 2019. Six mois plus tôt, elle avait tenté d’incendier une poutre de la maison après une rupture amicale.
Brimades
Depuis son entrée en sixième au collège Isabelle-Autissier, Evaëlle a été confrontée à des brimades qui se sont aggravées après des difficultés observées en primaire.
Elle était victime de violences et d’insultes de la part de certains camarades et avait des tensions avec son enseignante de français au sujet d’un protocole médical lié à ses problèmes de dos.
Un jour, de retour chez elle, elle était bouleversée après une journée au collège durant laquelle la professeure avait demandé à tous les élèves pourquoi elle se sentait harcelée et exclue; face à ses pleurs, l’enseignante s’était énervée et l’avait poussée à répondre.
Aucune responsabilité
Aux yeux des parents, Evaëlle avait décrit cette journée comme la pire de sa vie.
La plupart des élèves entendus durant l’enquête ont confirmé que l’enseignante criait fréquemment sur Evaëlle et l’isolait au fond de la classe, mais le dossier administratif de l’enseignante est demeuré élogieux.
Plus de six ans après le décès de leur fille, les parents espèrent que ce nouveau procès apportera un regard neuf, plus juste et plus responsable de la part de la cour d’appel.
L’avocate des parents a indiqué qu’elle souhaitait faire reconnaître le harcèlement moral et scolaire dont leur fille aurait été victime.
Quant à l’enseignante, aujourd’hui âgée de 63 ans et retraitée, elle affirme ne pas être responsable du mal-être de son ancienne élève.
Depuis le mois de mars 2022, le harcèlement scolaire est reconnu comme un délit.