Accueil ActualitéDémocrates pressent l’administration Trump sur l’immigration (USA)

Démocrates pressent l’administration Trump sur l’immigration (USA)

par Sara
États-Unis

Des élus démocrates du Congrès ont interpellé mardi les principaux responsables des services d’immigration de l’administration Trump au sujet des opérations d’expulsion massives et des méthodes d’application de la loi. Lors d’une audition tendue, les représentants ont exigé davantage de transparence et de garanties après deux homicides survenus au Minnesota, et ont remis en cause la stratégie d’exécution des expulsions dans le cadre du débat sur l’immigration États‑Unis.

Une audition sous haute tension

Il s’agissait de la première audience de ce type depuis la mort des deux citoyens américains dans le Minnesota. Face aux membres de la commission de la Sécurité intérieure, les dirigeants de trois agences chargées de l’application des règles migratoires — à savoir la direction de l’immigration et des douanes (ICE), la Customs and Border Protection (CBP) et les services de citoyenneté et d’immigration (USCIS) — ont essuyé de nombreuses critiques de la part des démocrates.

Les responsables présents étaient Todd Lyons, à la tête de la direction de l’immigration et des douanes, Rodney Scott, commissaire de la Customs and Border Protection, et Joseph Edlow, directeur des services de citoyenneté et d’immigration. Les élus ont évoqué des pratiques opérationnelles, des choix tactiques et l’impact humain des campagnes de raid et d’expulsion.

Par ailleurs, pendant l’audience, un député démocrate a brandi une lettre écrite par un enfant de cinq ans détenu dans une installation fédérale, illustrant l’effet des rafles sur les familles et sur les plus vulnérables.

Les exigences des démocrates

Les démocrates ont réclamé des réformes profondes au sein des agences d’immigration. Ils ont notamment demandé la levée des visages masqués des agents intervenant lors des arrestations, l’obligation pour les agents de porter des caméras corporelles, et une priorisation claire des enquêtes et des arrestations sur les personnes présentant un dossier criminel avéré.

Ils ont également mis en avant la nécessité d’une supervision renforcée et d’enquêtes indépendantes pour faire la lumière sur les circonstances des deux décès du Minnesota. Selon plusieurs parlementaires, ces événements ont mis en évidence un mépris présumé pour l’État de droit et la Constitution.

En parallèle, la réaction démocrate s’est traduite au plan budgétaire : en janvier, ils ont contraint l’administration à suspendre un financement prévu du Département de la Sécurité intérieure, avant d’accepter un court report de crédits qui doit expirer vendredi. Cette pression vise à obtenir des garanties et des changements concrets dans la conduite des opérations.

La défense des responsables et des républicains

De leur côté, les dirigeants des agences ont défendu l’ordre donné par la Maison‑Blanche et souligné qu’ils n’agissaient que sur mandat présidentiel. Todd Lyons a rappelé que l’administration avait demandé d’intensifier les expulsions et qu’avec les ressources attribuées par le Congrès, les agences ont augmenté les capacités de détention et multiplié les vols de renvoi.

Rodney Scott a pour sa part évoqué les efforts déployés pour sécuriser la frontière sud, affirmant que des actions avaient été menées pour reconstruire des dispositifs jugés auparavant « négligés ». Les républicains présents ont reproché aux démocrates de vouloir « diaboliser » les agences et de miner leur capacité d’action.

Plusieurs républicains ont aussi appelé à attendre les conclusions d’une enquête complète et impartiale avant de tirer des conclusions hâtives sur les opérations menées et leurs conséquences.

Un débat nourri par des affrontements locaux

La montée en puissance de la campagne d’expulsions du président Trump a déjà provoqué des confrontations locales, notamment à Minneapolis en janvier où des agents d’immigration masqués se sont heurtés à des résidents opposés aux rafles. Ces opérations ont touché des personnes sans casier, des familles et des enfants, alimentant l’indignation et le débat public.

Le gouverneur du Minnesota a déclaré s’attendre à un retrait rapide de certaines mesures d’occupation des quartiers, estimant que la période de présence accrue des agents ne devrait pas se prolonger au‑delà de quelques jours. Malgré quelques concessions annoncées par l’administration, y compris le retrait de centaines d’agents d’une ville du Midwest, le dossier reste au cœur des tensions au Congrès.

En définitive, la séance a illustré l’impasse politique : tandis que l’administration insiste sur la fermeté et l’exécution des expulsions, les démocrates exigent des réformes structurelles et davantage de contrôle pour préserver les droits des migrants et la sécurité des citoyens.

source:https://www.aljazeera.net/news/2026/2/11/%d8%a7%d9%84%d8%af%d9%8a%d9%85%d9%82%d8%b1%d8%a7%d8%b7%d9%8a%d9%88%d9%86-%d9%8a%d8%b6%d8%ba%d8%b7%d9%88%d9%86-%d8%b9%d9%84%d9%89-%d8%a5%d8%af%d8%a7%d8%b1%d8%a9-%d8%aa%d8%b1%d9%85%d8%a8

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