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Les élections au Bangladesh 2026 se tiennent le 12 février, marquant le premier scrutin parlementaire depuis la destitution de l’ancienne Première ministre Sheikh Hasina après la répression sanglante des manifestations étudiantes de 2024. Ce vote revêt une portée exceptionnelle : il combine le renouvellement de l’assemblée nationale et un référendum sur la Charte nationale adoptée en juillet 2025 par le gouvernement de transition.
Horaires et déroulement du vote
Les bureaux de vote ouvrent à 7h30 (heure locale) et ferment à 16h30. Les opérations se tiennent dans 42 761 centres de vote répartis sur les 64 districts, pour 300 circonscriptions parlementaires, selon la commission électorale.
Le dépouillement pourrait être plus long qu’à l’accoutumée en raison de la simultanéité du scrutin parlementaire (bulletin blanc) et du référendum (bulletin rose), ainsi que de la multiplication des partis et candidats en lice.
Qui vote et comment les sièges sont attribués
Près de 127,7 millions d’électeurs inscrits, âgés de 18 ans et plus au 31 octobre 2025, sont habilités à voter. Pour la première fois, le vote postal est facilité, profitant notamment à environ 15 millions de travailleurs expatriés dont les envois de fonds soutiennent l’économie nationale.
Le Bangladesh dispose d’un parlement monocaméral, le Jatiyo Shangsad, composé de 350 sièges. Trois cents sièges sont pourvus au scrutin uninominal majoritaire à un tour (first-past-the-post), tandis que 50 sièges sont réservés aux femmes et répartis proportionnellement entre les partis après l’annonce des résultats.
- Chaque électeur choisit un seul candidat par circonscription ; le candidat arrivé en tête remporte le siège.
- Un parti qui remporte 151 sièges peut constituer un gouvernement sans coalition.
Les principaux enjeux
Ce scrutin est perçu comme un test majeur pour la trajectoire politique du pays, après une décennie marquée par des accusations de fraudes électorales et une forte polarisation. La légitimité du processus, la participation des jeunes électeurs et l’avenir de la puissante Awami League — aujourd’hui exclue de l’activité politique — sont au cœur des débats.
La Charte nationale soumise au référendum propose un ensemble de réformes constitutionnelles et législatives dessinées par le gouvernement provisoire après les manifestations de juillet 2024. Le résultat du référendum doit indiquer si le mouvement de juillet conserve son élan politique.
Contexte politique et droits humains
Les manifestations étudiantes de juillet 2024, déclenchées contre le système de quotas pour l’emploi public, ont été suivies d’une répression violente. Selon le tribunal chargé des crimes internationaux du pays, près de 1 400 personnes ont péri et plus de 20 000 ont été blessées.
Sheikh Hasina a été évincée et s’est exilée en Inde ; en novembre 2025 elle a été condamnée par contumace pour crimes contre l’humanité et condamnée à la peine capitale par le même tribunal. L’Awami League a été interdite d’activités politiques après son départ.
Des enquêtes journalistiques ont par ailleurs mis au jour des éléments enregistrés laissant entendre que des ordres d’utilisation d’armes létales avaient été donnés lors de la répression.
Les forces en lice
La lutte électorale oppose principalement deux grandes coalitions, tandis que plusieurs partis indépendants et dissidents concourent aussi.
Bangladesh Nationalist Party (BNP)
Le parti centre-droit BNP conduit une coalition de dix formations. Il est dirigé par Tarique Rahman, revenu au pays en décembre 2025 après près de 17 ans d’exil. Héritier d’une tradition politique initiée par Ziaur Rahman, le BNP a alterné au pouvoir avec l’Awami League depuis l’indépendance.
Jamaat-e-Islami (JIB)
Jamaat, qui mène une alliance de onze partis incluant le National Citizen Party formé par des étudiants, revient sur le devant de la scène après la restauration de son enregistrement par la Cour suprême en juin 2025. Le parti présente une candidature inédite d’un candidat hindou dans une circonscription de Khulna, démarche visant à séduire des électeurs non musulmans.
Jamaat n’est plus allié au BNP et s’affiche désormais comme son principal rival. Le mouvement étudiant qui a donné naissance au NCP est incarné par de jeunes dirigeants, dont Nahid Islam, figure émergente de 27 ans.
Autres formations
- Islami Andolan Bangladesh et le Jatiya Party se présentent en dehors des grandes coalitions.
- La compétition électorale reflète une recomposition des alliances traditionnelles depuis le départ de l’Awami League.
Ce que disent les sondages et calendrier des résultats
Un sondage publié en décembre 2025 plaçait le BNP en tête avec environ 33 % de l’intention de vote, Jamaat étant proche derrière avec 29 %. Ces chiffres illustrent une course serrée entre les deux principales forces.
Historiquement, les résultats non officiels commencent à apparaître dès la matinée qui suit le scrutin, mais la commission électorale a averti que le dépouillement pourrait prendre plus de temps en raison du nombre de bulletins et de candidatures.
Pourquoi ce scrutin est déterminant
Pour de nombreux observateurs, les élections au Bangladesh 2026 offrent la première occasion en près de dix-sept ans de mesurer l’ampleur d’un véritable changement politique. La forte présence de jeunes électeurs, le possible affrontement entre forces nationalistes et islamistes et l’absence de l’ancienne formation au pouvoir rendent l’issue particulièrement incertaine.
Quel que soit le vainqueur, le prochain gouvernement devra décider de la place de l’Awami League dans la vie politique et gérer les conséquences d’une polarisation profonde, tout en répondant aux attentes de réformes contenues dans la Charte nationale.