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Le président des États-Unis, Donald Trump, a quitté une réunion à huis clos avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu en affirmant qu’« aucun accord définitif » n’avait été conclu, tout en précisant que les négociations Iran se poursuivraient. Il a indiqué vouloir pousser Téhéran à accepter un ensemble d’exigences, mais a laissé planer la possibilité d’autres options si un accord ne se matérialisait pas.
Rencontre privée à la Maison‑Blanche
La visite de M. Netanyahu à la Maison‑Blanche, la sixième depuis le début de son second mandat selon l’administration, s’est tenue à huis clos. À l’issue de l’entretien, M. Trump a publié un message sur sa plateforme sociale qualifiant la rencontre de « très bonne » et exprimant l’espoir qu’un accord avec l’Iran puisse être trouvé.
Le président américain a toutefois ajouté que, si un compromis était possible, il serait préférable, et que sinon il faudrait « voir quelle sera l’issue ». Il a rappelé en creux la possibilité d’actions militaires, évoquant les frappes américaines de l’été dernier contre des sites nucléaires iraniens après l’échec des discussions précédentes.
Le bureau de M. Netanyahu a fait état d’un échange centré sur les « besoins de sécurité » d’Israël et d’un accord pour « une coordination continue et des liens étroits ». Parmi les sujets abordés figuraient les négociations avec l’Iran, la situation à Gaza et les développements régionaux.
Positions et exigences sur l’Iran
Les pourparlers récents entre responsables américains et iraniens, tenus indirectement à Oman, visent à éviter une confrontation militaire plus large au Moyen‑Orient. Washington aurait axé ses demandes sur trois points principaux : la fin de l’enrichissement nucléaire, la réduction du programme balistique et la diminution du soutien iranien aux groupes armés régionaux.
De leur côté, les autorités iraniennes se disent disposées à négocier sur le nucléaire, qu’elles présentent comme strictement à usage civil, mais refusent de céder sur leurs capacités balistiques. Des responsables proches du pouvoir ont jugé ces capacités « non négociables » et ont averti qu’une attaque américaine pourrait déclencher un conflit régional.
Le passé pèse sur ces discussions : l’accord multilatéral de 2015 sur le nucléaire iranien avait été abandonné par les États‑Unis en 2018, avant la réimposition de sanctions et la recherche par Washington d’un nouvel accord plus contraignant.
Les demandes « maximalistes » de Netanyahu
Des observateurs estiment que M. Netanyahu a présenté à Washington des exigences très strictes à l’égard de l’Iran. Pour le Premier ministre israélien, l’Iran représente une menace existentielle, et il souhaite voir le pays affaibli, voire privé de tout programme nucléaire militaire potentiel et de missiles capables de viser Israël.
Cette posture s’expliquerait en partie par des considérations politiques internes, notamment la perspective d’élections anticipées qui pourraient renforcer l’intérêt pour une ligne ferme. Toutefois, les mêmes observateurs soulignent que M. Netanyahu devra aussi se préparer à l’éventualité d’un accord américano‑iranien et veiller à ce qu’il réponde aux exigences de sécurité d’Israël.
Gaza et sécurité régionale
La discussion a aussi porté sur Gaza, le président Trump affirmant qu’un « progrès considérable » y était réalisé. Depuis octobre 2023, le conflit a fait des milliers de victimes ; des bilans cités par des autorités de Gaza font état de dizaines de milliers de morts et de centaines de milliers de blessés au total, tandis que les affrontements se poursuivent localement.
L’administration américaine avait proposé l’an dernier un plan en vingt points pour une trêve à Gaza, entré en vigueur partiellement à l’automne et déclaré en « phase deux » en janvier. Néanmoins, des questions clés restent en suspens, en particulier le désarmement du Hamas, et les hostilités sporadiques se poursuivent, avec des victimes civiles rapportées au sud de Khan Younis.
Par ailleurs, M. Netanyahu a signé un document officialisant l’adhésion d’Israël à l’instance internationale proposée par M. Trump pour superviser la trêve et gérer certains aspects de la paix. Cette « instance » suscite des critiques, certains y voyant une tentative de créer une alternative aux institutions multilatérales existantes.
Un paysage régional fragilisé
La perspective d’un accord ou d’un échec des discussions entre Washington et Téhéran a des répercussions directes sur l’équilibre régional. Plusieurs puissances arabes plaident pour la désescalade afin d’éviter une contagion du conflit, tandis que les dirigeants iraniens mettent en garde contre les risques d’une guerre régionale en cas d’agression extérieure.
Pour l’heure, la réunion entre Donald Trump et Benjamin Netanyahu n’a pas permis de trancher les options. Les négociations Iran se poursuivront, et l’issue de ces échanges déterminera en grande partie les choix diplomatiques et militaires à venir dans la région.