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Zahran Mamdani entame son premier Ramadan à la tête de la mairie de New York, déterminé à traduire les valeurs du mois de jeûne en actes de service public et de solidarité. Cette inauguration intervient quelques semaines après la tempête de neige majeure qui a mis la ville à l’épreuve et sur laquelle il a dû intervenir directement.
Un maire qui fait vivre l’esprit du Ramadan
Dès son entrée en fonction, Zahran Mamdani a voulu marquer la continuité entre sa foi et son engagement civique. Déjà connu pour s’inspirer du Ramadan dans son activité publique depuis son arrivée au conseil de l’État en 2021, il a fait de ces valeurs un fil conducteur de sa communication et de son calendrier de travail.
Pendant la campagne, une photo très commentée le montrait partageant un iftar dans le métro new-yorkais ; l’image a été largement diffusée et a suscité un vif débat sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, alors que ses obligations à la mairie sont lourdes, il entend maintenir cette proximité symbolique et concrète avec les habitants.
Selon une proche collaboratrice, Zara Rahim, les premiers jours du mois sacré seront marqués par des tables d’iftar organisées avec des pompiers, des livreurs et d’autres travailleurs musulmans de la ville. En parallèle, Mamdani prévoit de poursuivre ses déplacements, ses discours et ses rencontres avec des électeurs, tout en dînant parfois dans ses restaurants locaux favoris et en soutenant la distribution de repas menée par des mosquées accueillant de nombreux migrants.
Une stratégie communautaire ciblée
Son équipe entend aussi mobiliser spécifiquement les communautés musulmanes issues d’Afrique de l’Ouest, d’Asie du Sud et du Moyen-Orient, ainsi que les Afro-Américains, afin de mettre en lumière la diversité culturelle des fidèles de la ville. Par ailleurs, une part importante de la communication municipale durant le mois devrait inclure des séquences vidéo liées au Ramadan, mêlant dimension rituelle et responsabilités exécutives.
De plus, alors qu’il s’apprête à présenter son budget initial, Mamdani a indiqué publiquement que le Ramadan reste présent à son esprit, reflétant ainsi sa volonté d’aligner priorités budgétaires et engagements portés pendant la campagne.
Un Ramadan sous tension internationale et locale
Le début du Ramadan intervient dans un contexte particulièrement éprouvant pour une partie de la communauté musulmane new-yorkaise. La guerre à Gaza, qui dure depuis deux ans, laisse des familles du secteur palestinien dans des conditions dramatiques, tandis que la diaspora vit souvent un sentiment d’impuissance et de sollicitude contrariée.
Par ailleurs, des craintes persistent parmi certains migrants concernant les interventions des autorités de l’immigration lors des rassemblements religieux ou des repas communautaires. Et la mémoire des atteintes et de l’islamophobie exacerbées depuis les attaques du 11 septembre 2001 continue d’influencer le climat vécu par beaucoup.
Au cours de la campagne, Mamdani a lui-même été la cible d’attaques à caractère religieux et ethnique, ce qui a alimenté des inquiétudes sur le sentiment de sécurité des musulmans en ville. Face à ces attaques, d’anciens responsables politiques ont publiquement défendu son droit à mener ses fonctions sans préjugés et à poursuivre ses engagements électoraux.
La tempête de neige, épreuve et démonstration d’efficacité
Quelques semaines avant le début du Ramadan, Zahran Mamdani a reçu des louanges pour sa gestion de la grande tempête de neige qui a frappé New York le 25 janvier. Les services municipaux, et en particulier l’administration en charge de l’assainissement, ont été mobilisés de manière massive : plus de 5 000 agents et 2 500 engins ont été déployés, opérant par équipes de 12 heures pour dégager routes et trottoirs.
Le maire a d’ailleurs pris part personnellement à certaines opérations de déblaiement, action qui a contribué à éviter des scénarios plus graves — paralysie de quartiers entiers, ou une hausse significative d’accidents liés aux plaques de verglas. Ce résultat a été attribué en partie au recours à des responsables municipaux chevronnés, dont le premier adjoint au maire, Dean Fuleihan, pour coordonner les opérations quotidiennes.
Si des critiques ont été émises par l’opposition, des observateurs politiques ont souligné que, contrairement à des tempêtes passées qui avaient provoqué des dommages politiques durables, la réponse organisée cette fois-ci a limité les effets négatifs pour l’administration municipale.
Pour Zahran Mamdani, ce Ramadan représente une occasion de montrer qu’il est possible de concilier pratique religieuse et devoir de chef de l’exécutif municipal, en mettant l’accent sur le service aux habitants et la solidarité entre communautés au cœur de la vie new-yorkaise.