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Le sénateur Marco Rubio a annoncé la nomination de Riley Barnes au poste de coordonnateur spécial pour le Tibet des États-Unis, une fonction créée par le Congrès en 2002. Riley Barnes exerce actuellement les fonctions d’assistant du secrétaire d’État pour la démocratie, les droits de l’homme et le travail.
Rubio a fait l’annonce à l’occasion du Losar, le Nouvel An tibétain, saluant « la force et la résilience des Tibétains du monde entier ». Il a ajouté que « les États-Unis restent déterminés à soutenir les droits inaliénables des Tibétains et leur héritage linguistique, culturel et religieux distinct ». Ces propos soulignent la portée symbolique de la nomination.
Contexte politique
La nomination intervient alors que l’administration Trump a été accusée de prendre ses distances sur plusieurs dossiers relatifs aux droits de l’homme à l’international. Dans le même temps, Washington a durci son ton — ou menacé d’intervenir — à l’encontre de pays comme le Venezuela, l’Iran, Cuba et même au sujet de questions liées au Groenland.
Ce contexte contraste avec l’engagement affiché par la Maison-Blanche sur la question tibétaine et réactive le débat diplomatique entre défense des droits et intérêts stratégiques.
Réaction de Pékin
Le ministère chinois des Affaires étrangères n’a pas immédiatement réagi à cette annonce, en raison notamment des célébrations du Nouvel An chinois. Cependant, Pékin a déjà condamné par le passé des nominations similaires, estimant qu’elles visaient à « s’immiscer dans les affaires intérieures de la Chine et à déstabiliser le Tibet ». Le porte-parole Zhao Lijian avait alors déclaré que « les affaires tibétaines relèvent des affaires intérieures de la Chine et ne permettent aucune ingérence étrangère ».
La relation de la Chine avec le Tibet remonte à 1951, année à partir de laquelle Pékin affirme avoir mis fin à ce qu’elle qualifie de « servage féodal ». De leur côté, les dirigeants tibétains en exil dénoncent des politiques qui, selon eux, fragmentent les familles, restreignent l’usage de la langue tibétaine et affaiblissent la culture locale.
Aspects démographiques et religieux
La majorité de la population tibétaine est d’ethnie tibétaine, tandis qu’une part plus réduite est d’origine han. La religion bouddhiste demeure majoritaire parmi les Tibétains. Si la Constitution chinoise garantit la liberté de culte, le Parti communiste maintient une politique officielle d’athéisme et exerce un contrôle étroit sur les pratiques religieuses.
Réseaux d’information et diffusion
Parallèlement à la nomination, la direction de Radio Free Asia, financée par le gouvernement américain et basée à Washington, a annoncé la reprise de ses diffusions vers la Chine. Le président-directeur général Bay Fang a indiqué sur les réseaux sociaux que les émissions en mandarin, tibétain et ouïghour avaient repris grâce à un contrat privé avec des services de transmission et à des financements du Congrès approuvés sous l’administration Trump.
Ces rediffusions, interrompues l’automne précédent en raison de coupes budgétaires, viennent compléter les efforts diplomatiques et médiatiques visant à attirer l’attention internationale sur la situation au Tibet.
La désignation d’un coordonnateur spécial pour le Tibet relance ainsi des tensions diplomatiques entre Washington et Pékin, tout en offrant une nouvelle tribune aux défenseurs des droits tibétains à l’occasion d’un Nouvel An chargé de symboles pour cette communauté.