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Conseil de sécurité : interventions clés avant le Conseil de paix

par Sara
Palestine, Israël, États-Unis

Le Conseil de sécurité a tenu mercredi une réunion ministérielle consacrée aux récents développements au Moyen‑Orient, en particulier à la question palestinienne, à la veille d’une réunion du Conseil de paix qui doit se tenir à Washington et être présidée par le président américain Donald Trump. La séance a réuni ministres et représentants permanents afin d’évaluer la situation sécuritaire et humanitaire à Gaza et en Cisjordanie, ainsi que les perspectives de reconstruction.

La ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a présidé la session et a mis en garde contre la fragilité du cessez‑le‑feu à Gaza, signalant des violations commises par les deux parties. Par ailleurs, le représentant des États‑Unis au Conseil, Mike Walz, a défendu le déploiement d’une force de maintien de la paix et annoncé que le prochain Conseil de paix visera à rassembler des engagements financiers pour la reconstruction.

Dans leurs interventions, plusieurs délégations ont condamné les récentes décisions israéliennes en Cisjordanie et appelé à un accès humanitaire accru pour la population de Gaza. Les discussions ont mêlé mises en garde juridiques, demandes d’ouverture des points de passage et appels au respect du droit international.

Interventions marquantes

Yvette Cooper — ministre britannique des Affaires étrangères

  • Appel à saisir l’opportunité de mettre fin à la violence et d’instaurer un paix et une sécurité durables au Moyen‑Orient.
  • Remerciements adressés aux États‑Unis, au Qatar, à l’Égypte et à la Turquie pour leur rôle dans l’accord relatif à Gaza.
  • Condition pour la suite : le démantèlement des capacités militaires du Hamas et l’exclusion de ce mouvement de la gestion du territoire.
  • Rappel que le cessez‑le‑feu demeure précaire et que des violations de l’accord ont été constatées des deux côtés.
  • Mise en garde : ces violations sapent la feuille de route proposée par le président Trump et menacent la stabilité en Cisjordanie.
  • Demande de déploiement de forces internationales de stabilisation et retrait des troupes israéliennes de Gaza pour permettre la reprise des services.
  • Insistance sur la nécessité d’accroître l’aide humanitaire, conditionnée par la levée des restrictions imposées aux convois.

Mike Walz — représentant des États‑Unis

  • Exigence que le Hamas se désarme et voie ses capacités militaires détruites afin d’empêcher une répétition des attaques du 7 octobre.
  • Annonce que la force de maintien de la paix, composée de milliers de soldats, assurera la sécurité et contribuera à créer un environnement sans terrorisme.
  • Appel à tous les acteurs pour soutenir le Conseil de paix consacré à Gaza et participer à ses travaux.
  • Indication que la réunion prévue jeudi visera prioritairement la sécurité et la stabilisation de la bande de Gaza.
  • Annonce d’engagements attendus pour la reconstruction, évalués à environ 5 milliards de dollars.

Riyad Mansour — représentant permanent de la Palestine

  • Accusation selon laquelle l’objectif d’Israël serait d’expulser les Palestiniens et de contrôler les terres palestiniennes.
  • Dénonciation de l’expansion des colonies, de la violence des colons et de la démolition de logements comme éléments d’un processus d’annexion.
  • Affirmation que la Palestine appartient à son peuple et ne peut faire l’objet de vente ou de contrôle étranger.
  • Rappel que les décisions israéliennes violent la Charte des Nations unies, le droit international et les résolutions du Conseil de sécurité.
  • Mise en garde : les mesures récentes traduisent, selon lui, une politique menant la région « vers la fin de la route ».

Alia Al‑Thani — représentante du Qatar

  • Critique de la montée des tensions en Cisjordanie, accentuée après l’annonce du lancement de la deuxième phase du cessez‑le‑feu à Gaza.
  • Condamnation ferme des violations israéliennes du cessez‑le‑feu.
  • Appel à la retenue, au début des opérations de relèvement et à l’ouverture de voies pour la reconstruction.

Badr Abdel‑Ati — ministre égyptien des Affaires étrangères

  • Demande de mettre fin aux violations du cessez‑le‑feu à Gaza.
  • Condamnation des décisions israéliennes visant à renforcer les implantations en Cisjordanie occupée.
  • Exigence d’un accès humanitaire sans entraves pour la population de Gaza.

Ayman Safadi — ministre jordanien des Affaires étrangères et des expatriés

  • Insistance pour que l’aide humanitaire entre dans Gaza sans obstacle.
  • Appel à s’opposer collectivement aux mesures israéliennes illégales qui risquent d’entraîner une explosion en Cisjordanie.
  • Rappel que la région et ses peuples restent prisonniers du conflit, ce qui menace les civils des deux camps.
  • Avertissement : alors que l’on tente de mettre fin à la tragédie à Gaza, il ne faut pas permettre l’émergence d’une nouvelle catastrophe ailleurs.

Jérôme Bonnafont — représentant de la France

  • Condamnation de la décision israélienne d’étendre sa souveraineté en Cisjordanie.
  • Mise en relief de la gravité de la situation en Cisjordanie, soulignant que l’avenir de ce territoire est lié à celui de Gaza.

Abdulaziz Al‑Wasil — représentant de l’Arabie saoudite

  • Défense d’un cessez‑le‑feu complet et durable comme condition d’un règlement juste et global.
  • Appel à empêcher toute annexion et à assurer le retrait israélien de Gaza.
  • Demande d’ouverture immédiate des passages pour délivrer l’aide humanitaire.

Vassili Nebenzia — représentant de la Russie

  • Observation que la réunion intervient dans un contexte dangereux, selon lui aggravé par des décisions israéliennes irresponsables.
  • Accusation que ces mesures visent à changer unilatéralement le statu quo en Cisjordanie.

Mohammad Ishaq Dar — ministre pakistanais des Affaires étrangères

  • Description des décisions israéliennes d’expansion comme illégales et profondément inquiétantes.
  • Insistance sur le respect du cessez‑le‑feu et des résolutions internationales.
  • Signalement des pertes civiles persistantes et de l’insuffisance des aides depuis la trêve.

Gideon Sa’ar — ministre israélien des Affaires étrangères

  • Déclaration affirmant le droit historique du peuple juif à la terre d’Israël.
  • Affirmation que la présence juive sur ces terres ne constituerait pas, selon lui, une violation du droit international.
  • Question rhétorique sur l’attention portée au Conseil de paix par rapport au Conseil de sécurité.

En toile de fond, les délégations ont insisté sur la nécessité d’un accès humanitaire élargi, d’un respect strict du cessez‑le‑feu et d’un engagement international coordonné pour la reconstruction. De surcroît, la tenue du Conseil de paix à Washington devrait permettre de chiffrer les promesses de financement et de préciser le rôle des forces internationales évoqué par la diplomatie américaine.

Les positions exprimées mercredi soulignent les lignes de fracture persistantes autour du statut de la Cisjordanie et de l’avenir de Gaza, tandis que la communauté internationale cherche à éviter une nouvelle escalade et à garantir un soutien humanitaire suffisant pour les civils.

source:https://www.aljazeera.net/news/2026/2/19/%d8%a3%d8%a8%d8%b1%d8%b2-%d9%85%d8%a7-%d9%82%d9%8a%d9%84-%d9%81%d9%8a-%d9%85%d8%ac%d9%84%d8%b3-%d8%a7%d9%84%d8%a3%d9%85%d9%86-%d8%b9%d8%b4%d9%8a%d8%a9-%d8%a7%d9%86%d8%b9%d9%82%d8%a7%d8%af

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