Table of Contents
Evo Morales est réapparu jeudi dans la ville de Chimore, au cœur du Chapare, mettant fin à près de sept semaines d’absence inexpliquée. Sa présence a rapidement dissipé les rumeurs selon lesquelles il aurait pris la fuite, après des spéculations liées à la situation entourant son allié, le président vénézuélien Nicolás Maduro.
Retour en public à Chimore
Une vidéo publiée par la radio du syndicat des producteurs de coca montre Morales souriant, vêtu de lunettes noires, arrivant en tracteur pour s’adresser à ses partisans dans un stade local. Sur place, il a officiellement soutenu des candidats en vue des élections régionales prévues le mois prochain.
Lors de son allocution, il a accusé les États-Unis d’agir pour affaiblir la gauche en Amérique latine, affirmant que l’administration américaine visait « à éliminer tous les partis de gauche en Amérique latine ». Ces propos ont ravivé les inquiétudes de ses partisans dans le bastion du Chapare.
Explications sanitaires et démentis
Interrogé sur son long silence, Morales a expliqué avoir été frappé par la chikungunya, une maladie transmise par les moustiques qui provoque fièvre et douleurs articulaires intenses. Il a ajouté avoir souffert de complications qui l’ont pris « par surprise ».
Il a en outre fermement démenti vouloir fuir le pays et s’est engagé à rester en Bolivie malgré la menace d’arrestation formulée par le gouvernement conservateur de Rodrigo Paz.
Affaires judiciaires et tensions politiques
Depuis un an, l’ancien président fait l’objet d’un mandat d’arrêt pour des accusations de trafic d’êtres humains, qu’il nie catégoriquement. La situation judiciaire s’inscrit dans un contexte politique tendu depuis l’élection de Rodrigo Paz, l’automne dernier, qui a mis fin à près de vingt ans de domination du Mouvement vers le socialisme.
En décembre, les autorités ont également arrêté l’ex-président Luis Arce dans le cadre d’une enquête pour corruption portant sur la gestion d’un fonds destiné aux projets de développement des peuples indigènes et des paysans, fonds dont une partie aurait été détournée pour un montant estimé à environ 700 millions de dollars pendant la période où Arce était ministre de l’Économie.
Répercussions dans le Chapare
Le regain de tensions diplomatiques avec Washington, ainsi que les démarches du gouvernement pour rétablir la coopération avec les agences américaines, notamment la Drug Enforcement Administration, ont profondément inquiété les communautés du Chapare, région productrice de coca qui constitue le principal bastion politique d’Evo Morales.
Malgré les défis juridiques et politiques, Morales conserve une forte emprise sur sa base locale et s’est employé à mobiliser ses partisans avant les scrutins régionaux à venir, réaffirmant sa présence dans le paysage politique bolivien.