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L’ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, a déclenché une polémique après avoir affirmé, lors d’une interview avec le journaliste Tucker Carlson, qu’il serait « acceptable » qu’Israël contrôle une vaste portion du Moyen‑Orient. Cette déclaration, qui reprend des interprétations bibliques répandues au sein du courant national‑chrétien américain, a relancé le débat sur l’influence de la religion dans la politique étrangère.
Déclarations controversées
Au cours de l’entretien, Carlson a évoqué un passage de l’Ancien Testament attribuant à Abraham une promesse territoriale s’étendant « de la vallée d’Égypte jusqu’au fleuve Euphrate », une lecture qui inclurait selon lui des pans importants de plusieurs pays de la région. Huckabee, tout en ménageant une réserve sur les contours géographiques précis, a reconnu qu’il s’agissait « d’une grande étendue de terre » et a qualifié Israël de « terre donnée par Dieu à un peuple élu ».
Interrogé directement sur le droit d’Israël à s’emparer de ces territoires, il a répondu qu’« il serait acceptable qu’ils les prennent tous », une formule qui a été perçue comme l’expression d’un positionnement idéologique et religieux dépassant le cadre politique traditionnel.
Réactions et contexte
L’entretien a été réalisé alors que Carlson effectuait une visite en Israël qui a elle‑même suscité des controverses. Il avait notamment dénoncé une « étrange » prise en charge à l’aéroport Ben Gourion, allégation rejetée par des responsables israéliens et américains qui ont assuré qu’il avait fait l’objet de contrôles de routine. L’autorité aéroportuaire israélienne a par ailleurs démenti toute détention ou interrogatoire.
De son côté, l’ancien premier ministre Naftali Bennett a vivement attaqué Carlson via la plateforme X, le qualifiant d’« hypocrite » et appelant à ne pas le considérer comme un expert sur les questions israéliennes. En revanche, Huckabee a défendu les procédures de contrôle israéliennes, soulignant que tous les voyageurs sont soumis à des vérifications standard sur les passeports et des questions de sécurité.
Par ailleurs, cet épisode met en lumière des évolutions politiques : Carlson apparaît de plus en plus critique envers le niveau de soutien américain à Israël, une prise de position qui, selon des observateurs, l’a marginalisé au sein d’une partie du mouvement « Make America Great Again ». En contraste, Huckabee représente l’aile conservatrice traditionnelle, très proche des milieux évangéliques pro‑israéliens.
Conséquences pour la Cisjordanie et la colonisation
Les déclarations interviennent dans un contexte interne israélien marqué par une accélération de la colonisation et des décisions gouvernementales susceptibles de modifier profondément la réalité juridique en Cisjordanie. Le cabinet a approuvé, dans une première lecture, des mesures visant à abolir des verrous juridiques hérités, telles que une loi jordanienne qui empêchait la vente de terres palestiniennes à des citoyens juifs, et à lever le secret sur certains registres fonciers.
En outre, des compétences de planification et de construction dans des zones sensibles — notamment à Hébron — seraient transférées à l’administration civile israélienne. Les autorités ont aussi élargi les pouvoirs de démolition et de saisie pour couvrir des zones classées « A » et « B », au motif d’infractions liées à la construction, à l’eau ou au patrimoine, ouvrant la voie à des confiscations difficiles à contester.
Enjeux diplomatiques et idéologiques
Ces événements soulignent l’entrelacement croissant entre rhétorique religieuse et politique extérieure américaine, tout en accentuant les divisions au sein de la droite américaine sur la nature et les limites du soutien à Tel‑Aviv. Alors que certains responsables défendent un alignement stratégique classique, d’autres inscrivent leur approche dans des cadres religieux ou idéologiques qui redéfinissent les normes du débat.
À court terme, les propos de Mike Huckabee risquent d’alimenter les tensions diplomatiques et de nourrir l’inquiétude sur l’impact de convictions religieuses sur des décisions géopolitiques sensibles.