La cyberattaque contre l’Éducation nationale continue de peser sur les préparatifs de rentrée. Après une intrusion dans un système consacré à la formation des personnels, les restrictions d’accès décidées pour sécuriser les outils touchent encore les messageries et applications de plusieurs académies.
Une intrusion détectée fin juillet
Le ministère situe l’accès frauduleux dans la nuit du 25 juillet, après l’usurpation d’un compte professionnel. Le système visé était dédié à la formation des personnels. Alerté le 26 juillet, le centre opérationnel de sécurité du ministère a obtenu la suspension de l’accès externe au dispositif concerné et l’activation d’une cellule de crise.
L’intrusion a pu conduire à l’exfiltration de données personnelles concernant un nombre important d’agents ayant exercé en académie depuis 2001. Les investigations doivent encore en préciser le périmètre.
Quelles données peuvent être concernées ?
Les informations susceptibles d’avoir été extraites comprennent des éléments d’identité et des données professionnelles, notamment le statut et les fonctions. Pour une partie des personnels, elles peuvent aussi inclure des coordonnées, une adresse postale, un numéro de téléphone et le numéro de sécurité sociale.
Le ministère précise que le système touché ne contenait ni données bancaires, ni mots de passe, ni informations concernant les élèves. Les personnes susceptibles d’être concernées doivent être informées dans les meilleurs délais. Une plainte a été déposée et l’ANSSI comme la CNIL ont été saisies.
La rentrée préparée avec des outils dégradés
Les conséquences se font sentir dans les académies. À Toulouse, les services informatiques sont fortement perturbés depuis le 19 août : messageries, applications de travail et environnement numérique de travail sont difficiles d’accès. Ces coupures compliquent la finalisation des emplois du temps et les échanges entre établissements, enseignants et familles.
Des difficultés comparables ont été signalées à Nantes. Ces restrictions ne correspondent pas à une panne ordinaire : elles s’inscrivent dans les opérations de vérification et de sécurisation lancées après l’intrusion. Le retour progressif des accès dépendra de ces contrôles, menés sur le système affecté comme sur l’ensemble des systèmes d’information du ministère.