L’Agence internationale de l’énergie atomique a vérifié l’existence de 73 tonnes d’uranium naturel sur des sites syriens auparavant inaccessibles, a déclaré son directeur général Rafael Grossi à Vienne. Cette étape éclaire un ancien programme nucléaire non déclaré, sans régler pour autant le devenir de ces matières ni les autres dossiers régionaux abordés par le responsable de l’AIEA.
La vérification intervient alors que les autorités syriennes ont, selon Rafael Grossi, choisi une plus grande transparence avec l’agence. Le directeur général a présenté cette coopération comme un moyen de réintégrer le pays à la communauté internationale et de favoriser son redressement politique et économique, tout en rappelant que la surveillance doit se poursuivre.
Des sites longtemps hors de portée des inspecteurs
Les inspecteurs de l’AIEA ont retrouvé les 73 tonnes d’uranium naturel dans des lieux qui n’avaient pas été accessibles auparavant. Al Jazeera rapporte que Rafael Grossi a lié cette situation au caractère secret d’un programme mené sous le gouvernement de Bachar al-Assad. Des opérations de vérification ont été conduites dans plusieurs sites syriens au mois d’août.
Le responsable a également évoqué le réacteur d’al-Kibar, dans l’est de la Syrie, presque achevé avant sa destruction en 2007 par l’État sioniste, selon sa présentation. Il a fait état de plans syriens antérieurs de retraitement, une technologie susceptible de produire du plutonium. Ces éléments décrivent les traces examinées par l’agence ; ils ne signifient pas qu’une activité nucléaire militaire soit en cours aujourd’hui.
Le devenir de l’uranium reste une décision syrienne
La découverte ne préjuge pas du sort qui sera réservé au stock. Rafael Grossi a indiqué que Damas discutait publiquement avec un autre gouvernement d’une éventuelle sortie de ces matières du territoire, sans identifier ce pays. Aucun calendrier n’a été annoncé.
Dans ce cadre, le rôle de l’AIEA est d’installer les moyens de surveillance nécessaires et de veiller à ce que le matériau reste sous contrôle. La décision d’un transfert, elle, relève des autorités politiques syriennes. Cette distinction est centrale : l’agence contrôle et vérifie, mais ne décide pas de l’orientation diplomatique de Damas.
En Iran, la question de l’accès demeure entière
Rafael Grossi a opposé cette séquence syrienne au dossier iranien, où l’accès des inspecteurs reste au cœur des tensions. Il a déclaré que Téhéran devait informer l’agence de tout événement susceptible d’affecter des installations ou des matières couvertes par les garanties, en référence à l’article 68 de l’accord de garanties généralisées.
Le directeur général a aussi rejeté l’idée que les obligations techniques de l’Iran puissent être suspendues dans l’attente d’un accord politique plus large. Il estime que les inspections peuvent reprendre si les conditions de sécurité sont réunies. Les modalités d’une poursuite des opérations seraient toujours discutées avec Téhéran ; cette formulation ne vaut donc pas annonce d’une reprise actée.
L’Arabie saoudite et la question des garanties
Interrogé sur le programme nucléaire civil saoudien et un accord bilatéral attendu avec les États-Unis, Rafael Grossi a présenté le protocole additionnel comme la référence la plus complète pour les inspections. Il a toutefois expliqué que des dispositions alternatives pourraient être intégrées à un accord afin de donner à l’AIEA des pouvoirs de vérification comparables.
Selon lui, un éventuel texte devrait ensuite être soumis au Conseil des gouverneurs de l’agence. Là encore, il s’agit d’une option technique décrite par le directeur général, et non de la confirmation qu’un accord a été conclu. Les trois dossiers réunis dans son intervention dessinent surtout une même ligne : la coopération politique peut varier, mais les mécanismes de contrôle restent au centre des préoccupations de l’AIEA.
Source
Al Jazeera, « غروسي: اكتشاف يورانيوم سوريا تاريخي وإيران ترهن التفتيش بالمفاوضات السياسية », 7 septembre 2026 — lire l’article original.