L’Algérie a annoncé jeudi avoir décidé de rompre ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis, après ce qu’elle présente comme « l’épuisement de tous les moyens capables de préserver les relations bilatérales ». L’ambassadeur émirati a été convoqué dans la journée au ministère des Affaires étrangères, où la décision lui a été officiellement notifiée, avec un délai de 48 heures pour quitter le pays. Dans la foulée, Alger a également annoncé la fermeture de son espace aérien aux avions des Émirats, avec une exception étroitement délimitée pour les vols commerciaux vers et depuis la capitale.
« Des actes provocateurs ou hostiles » : ce que dit le communiqué algérien
Le communiqué du ministère des Affaires étrangères invoque des « actes provocateurs ou hostiles » de plus en plus nombreux émanant des Émirats. Alger affirme avoir fait preuve d’une grande retenue et d’un « haut sens de la responsabilité », multipliant les mises en garde auprès d’Abou Dhabi sur « les conséquences graves » de comportements décrits comme « regrettables et injustifiés ». Ces actes auraient atteint, selon le texte, des limites qui ne peuvent plus être considérées comme acceptables ou supportables entre deux États souverains, ni rester sans réponse.
Le document ne détaille toutefois pas la nature précise des actes reprochés à Abou Dhabi. Aucune mesure de rétorsion supplémentaire n’a été annoncée au-delà de la rupture diplomatique et des décisions aériennes.
Une fermeture aérienne au périmètre étroit
Dans un communiqué séparé relayé par l’agence de presse algérienne, le ministère de la Défense nationale a annoncé la fermeture de l’espace aérien du pays à compter de vendredi minuit, face « à tous les avions des Émirats arabes unis, civils et militaires, dans les deux sens ». Cette mesure est présentée comme la conséquence directe de la rupture diplomatique.
Le texte prévoit une exception : les vols commerciaux civils émiratis à destination et en provenance de l’aéroport international Houari-Boumediene d’Alger continueront jusqu’à la fin de l’année 2026, « date de fin de l’accord », précise le communiqué sans détailler la nature de cet accord.
Abou Dhabi espère une rupture « temporaire »
Dans sa première réaction, le ministère émirati des Affaires étrangères a affirmé « apprécier ses relations avec tous les États » ainsi que son souci constant de les développer au service des intérêts communs, de la compréhension, de la coopération et de la prospérité. Les Émirats disent attendre que la décision algérienne soit « temporaire », afin de préserver les « liens fraternels entre les deux peuples ».
Abou Dhabi a également exprimé son « estime pour le peuple algérien frère » et son attachement aux liens unissant les deux populations, « notamment les membres de la diaspora algérienne résidant dans le pays et les visiteurs », ainsi qu’à la poursuite de ces liens et de ces intérêts partagés.
Source
Al Jazeera, الجزائر تقطع علاقاتها الدبلوماسية مع الإمارات وأبو ظبي تأمل أن يكون القرار مؤقتا, 10 septembre 2026.