Des frappes iraniennes menées cette semaine ont endommagé plusieurs avions militaires américains stationnés à la base aérienne de Mouaffaq al-Salti, dans l’est de la Jordanie, selon un responsable américain cité par l’agence Reuters. L’attaque a coûté à un avion d’attaque au sol A-10 Thunderbolt II, surnommé « Warthog », l’une de ses ailes, tandis qu’environ huit chasseurs F-15 ont subi des dégâts légers avant d’être remis en service. Elle a surtout forcé la défense antiaérienne américaine à tirer une trentaine de missiles intercepteurs Patriot, dans une guerre d’usure qui épuise aussi les stocks américains de défense antimissile.

Une défense antiaérienne mise à rude épreuve

Le responsable, s’exprimant sous couvert d’anonymat, indique que les troupes américaines ont dû tirer environ 30 missiles Patriot pour contrer les projectiles iraniens. La base de Mouaffaq al-Salti, aussi connue sous le nom d’Azraq, se situe à une centaine de kilomètres à l’est d’Amman ; elle abrite 4 000 soldats américains dans le cadre d’un accord de coopération de défense signé entre Amman et Washington en 2021, et accueille des chasseurs ainsi que des appareils de soutien.

Ce tir massif d’intercepteurs alimente, selon Reuters, une inquiétude croissante à Washington sur l’état de ses stocks de missiles de défense antiaérienne et d’autres munitions.

L’usure documentée d’une guerre d’usure

Le bilan matériel de la guerre était déjà lourd avant les frappes iraniennes de mardi : l’armée américaine avait perdu plus de 20 drones, compté des chasseurs touchés et des appareils perdus dans des accidents. Selon un rapport du service de recherche du Congrès publié en mai, 42 avions militaires américains avaient déjà été perdus ou endommagés dans le conflit.

Le coût humain suit la même pente : depuis le début de la guerre contre l’Iran en février, 18 militaires américains ont été tués et plus de 800 autres blessés, selon le même rapport. Quant au bouclier antimissile, les estimations du Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS) chiffrent à environ 65 % la part des intercepteurs Patriot épuisée entre février et juillet : il en resterait moins de 850, contre 2 330 avant le début de la guerre.

La chaîne de représailles

La frappe contre la base jordanienne est intervenue après que les forces américaines ont annoncé avoir détruit cinq pétroliers de pétrole brut iraniens. Washington présente ses propres frappes comme une réponse au ciblage, à deux reprises en deux jours, d’un navire de guerre de la marine américaine par des missiles balistiques des Gardiens de la révolution.

L’intensité des échanges dépasse désormais le seul front jordanien : cité par Reuters, le secrétaire à la Marine par intérim, Hong Cao, a déclaré à Epoch Times que l’Iran avait « infligé des destructions massives » au siège de la Cinquième flotte américaine, stationné à la base navale de Bahreïn, un indice selon l’agence de l’ampleur des dégâts que les frappes iraniennes ont causés aux objectifs militaires américains dans la région. Ces frappes s’inscrivent dans la séquence documentée des attaques iraniennes contre des sites américains dans la région.

Source

Al Jazeera, مسؤول بإدارة ترمب: هجوم إيران ألحق أضرارا بمقاتلات أمريكية في الأردن, 11 septembre 2026.