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38% des patrons français prévoient de se développer à l’étranger en 2026

par Lea
France

Selon la 21e édition du baromètre des dirigeants français, réalisée chaque début d’année par Eurogroup Consulting, BFM Business et La Tribune Dimanche, l’évaluation des perspectives d’activité révèle une fragilité persistante pour l’économie française en 2026. L’enquête porte sur les principales entreprises du pays — CAC 40, SBF 120, grandes sociétés familiales, ETI et PME emblématiques — et mesure leurs priorités, leurs craintes et leurs ambitions.

Michel-Édouard Leclerc pendant la Commission des affaires économiques au Palais Bourbon, Paris, le 25 novembre 2025.
Michel-Édouard Leclerc lors d’une intervention.

En 2025, malgré un contexte politique et des débats sur la fiscalité, l’économie française a réussi à préserver l’emploi et à investir davantage, ce qui a permis une croissance de 0,9 %. Les dirigeants avaient en revanche affiché un regain d’optimisme à l’égard de l’international, cherchant des perspectives de prospérité hors de l’Hexagone.

Pour 2026, l’environnement domestique demeure plus incertain. Le baromètre indique que le nombre de chefs d’entreprise pessimistes dépasse désormais ceux qui se montrent optimistes, et ce pour la troisième année consécutive. Les inquiétudes portent aussi bien sur les carnets de commandes que sur la rentabilité.

Le chiffre le plus marquant est que 38 % des dirigeants envisagent de se développer dans un pays étranger en 2026, un record absolu et le double de ce qui était observé il y a deux ans. Les ETI portent ces ambitions les plus hautes, davantage que les grands groupes déjà très présents à l’international.

Face à l’atonie du marché intérieur et aux obstacles tarifaires qui pèsent sur les exportations, 56 % des patrons estiment qu’il convient d’accroître leur implantation directe à l’étranger, contre 36 % l’année précédente. Là encore, les ETI affichent un élan plus fort que les grandes entreprises.

À l’inverse, les perspectives domestiques en matière d’investissement et de recrutement montrent moins de dynamisme. Les dirigeants anticipent une diminution plutôt qu’une augmentation de l’effort d’équipement en France en 2026. Selon Frédéric Sanchez, président de la CCI France International, l’Europe demeure centrale, l’Amérique du Nord devient une priorité, et l’Asie ainsi que le Moyen-Orient sont perçus comme de vrais relais de croissance, tandis que l’investissement vers l’Afrique s’essouffle un peu.

La dynamique de recrutement suit la même logique: les efforts se dirigent davantage vers l’étranger, avec une croissance des postes à l’étranger au détriment du territoire national. Le climat général renforce la conviction que le défi n’est pas tant d’embaucher que d’organiser le travail et les compétences, selon les conclusions des dirigeants et des experts du secteur bancaire.

Le message est clair: les difficultés de recrutement avaient limité les suppressions d’emplois, mais les gains de productivité deviennent la priorité. Compte tenu des finances publiques et des équilibres politiques à l’Assemblée, il est peu probable que l’attractivité de la France s’améliore rapidement d’ici la présidentielle de 2027. Le chemin sera donc long, mais les entreprises restent résolues à s’appuyer sur l’international et sur des améliorations de l’efficacité pour dépasser les défis à venir.

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